venezuela12022016

Après le vote, fin janvier, de la majorité des députés vénézuéliens à l’Assemblée nationale afin d’adopter le statut de « crise humanitaire » sur le territoire « en raison du manque de médicaments, de la pénurie de fournitures médicales et de la détérioration des infrastructures de santé », voilà que l’opposition, qui possède la majorité au parlement, a fait voter le 11 février « la crise alimentaire nationale » en raison de la pénurie de nourriture.
Avec les voix de l’opposition, la plénière a adopté le texte, qui souligne que la sécurité alimentaire sera atteinte et encourage également la production dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture.

Avec cette déclaration, les députés opposés au gouvernement du président de la République, Nicolas Maduro, évoquent « l’absence de sécurité alimentaire » et réclame que des experts de l’UNICEF et de la FAO se rendent au Venezuela pour évaluer la situation et les risques engendrés par les problèmes d’approvisionnement sur cette population de 30 millions d’individus. Pour les députés de l’opposition, la FAO doit dépêcher une commission d’experts pour évaluer les risques « d’insécurité alimentaire in situ » et aussi « étudier la fiabilité » des chiffres officiels, quant à l’UNICEF elle se doit de mesurer « l’état de la malnutrition infantile » sur l’ensemble du territoire national.
Le Venezuela fait face depuis deux ans à une sévère pénurie en aliments, une crise qui s’est encore accentuée au cours des derniers mois, à cela s’ajoute une inflation infernale qui ne permet plus aux ménages de vivre normalement.

L’opposition met à point d’honneur à dénoncer le manque de nourriture et de médicaments, ce qui contraint les Vénézuéliens à affronter de longues files d’attente pour dénicher de la nourriture et des médicaments en accès limité.

De son côté, les membres du parti en place dénoncent une manœuvre politicienne pour légitimer une intervention étrangère. Le député du parti au pouvoir Ricardo Molina assure de son côté que cet accord, et celui voté précédemment sur le manque de médicaments, a pour objectif de conditionner « une intervention militaire des États-Unis ». Il rejette toute crise alimentaire et affirme que le chavisme est victime d’une « guerre économique » menée par les opposants au régime pour faire tomber Nicolas Maduro, successeur d’Hugo Chavez à la tête du pays sud-américain.

Le député d’opposition Julio Borges, du parti Primero Justicia a présenté le projet de déclaration et au cours du débat, il a affirmé que cela avait pour but d’inciter le gouvernement à mettre en œuvre des mesures pour rétablir la production nationale.
« Ici, rien n’est produit, » a affirmé Borges, qui a également noté que, depuis 2007, le gouvernement vénézuélien a exproprié plus de mille entreprises, y compris près de 300 producteurs de denrées alimentaires, qui se retrouvent pratiquement paralysés.
Borges a souligné que la production agricole a enregistré une baisse de 87 %, ce qui explique en partie la rareté des biens en ajoutant que le moment était venu de considérer la question alimentaire comme une priorité afin de répondre à une situation d’urgence et de « résoudre ce problème ».

Le député Julio Borges a mentionné que plus de 4 millions d’hectares dans sa grande majorité ne produisaient plus rien, c’est pourquoi le projet de production nationale cherche à relancer immédiatement le mécanisme de production pour que les producteurs possédant de petites et de moyennes exploitations puissent à nouveau travailler.

« Depuis l’Assemblée nationale, nous lançons non seulement un débat pour permettre un diagnostic de ce qui se passe dans le secteur alimentaire au sein de notre pays, et ce pas uniquement pour demander une mesure d’urgence qui devrait secouer le gouvernement, mais aussi pour mettre à l’ordre du jour un projet de loi, qui ,appliqué de façon immédiate, peut apporter ce changement pour qui les gens ont voté le 6 décembre », a expliqué le chef de file de l’opposition Julio Borge.

Le Venezuela fait face à une pénurie de produits de base que des consultants privés évaluent au deux tiers, une crise aggravée par la chute des prix du pétrole, un secteur qui génère 96 % des devises dans un pays dépendant totalement des importations. Le pays a enregistré une inflation des prix de 140 % entre septembre 2014 et septembre 2015 ! Entre 50 et 60 % des produits de base manqueraient au Venezuela, plaçant les habitants dans une situation plus que délicate !

La Mesa de Unidad Democrática (MUD), la collision de l’opposition, contrôle l’Assemblée nationale depuis le 5 janvier, une situation qui crispe un peu plus encore l’environnement politique dans ce pays profondément divisé.