perou18022016

Au Pérou, la situation d’urgence sanitaire a été déclarée par le Ministère de la Santé le 17 février pour une durée de 90 jours dans des zones amazoniennes où ont eu lieu des fuites de pétrole sur l’oléoduc Norperuano. Le décret stipule « l’urgence sanitaire en rapport à la qualité de l’eau pour la consommation humaine », dans les districts de Imaza, province de Bagua (dans la région Amazonas), mais aussi dans les districts de Morona, Manseriche, Barranca, Pastaza et Cahuapana de la province de Datém de Marañón (dans la région de Loreto).

Le document publié dans la gazette officielle El Peruano rappelle que la déclaration d’urgence sanitaire « ne dispense pas de la responsabilité de ces institutions qui ne sont pas acquittées de leurs obligations établies par la loi ».

Le ministre de la Santé, Aníbal Velásquez, s’est rendu sur les zones de pollution et a expliqué que l’urgence sanitaire se justifiait en raison de la contamination des cours d’eau. La dernière catastrophe environnementale a eu lieu le 4 février dans la province de Dátem del Marañón, dans la région de Loreto à hauteur du km 206 de l’oléoduc, les locaux affirment que la pollution a atteint la rivière Mayuriaga, à 13 km du lieu de la fuite, il s’agit d’un affluent du Marañón.
Velásquez a indiqué que Le Ministère au Logement a dépêché sur les lieux 1500 équipes dotées de matériels permettant de purifier, de stocker et de rendre l’eau potable. Le gouverneur régional de Loreto, Fernando Meléndez, a affirmé que la fuite de pétrole à Dátem del Marañón est à l’origine « d’une hécatombe environnementale » et a directement accusé Petroperú de ne pas avoir fait son travail sérieusement.

« Il y a eu une négligence. Nous exhortons le gouvernement à retirer sa confiance au président de Petroperú , Germán Velásquez, qui, en raison du manque de sérieux de son entreprise, a dégradé l’environnement », a déclaré Melendez.
Fernando Meléndez a ajouté que Petroperú agit depuis plus de 40 ans sur ce pipeline et qu’aucune maintenance n’a eu lieu et regrette que Germán Velásquez minimise les dommages de cet accident sur l’écologie.
Le pipeline transporte du pétrole extrait dans la forêt péruvienne jusqu’au terminal portuaire de Bayóvar, dans l’océan Pacifique, sur une distance de 854 kilomètres, tout au long de ce parcours il y a cinq stations de collecte qui peuvent stocker en tout jusqu’à 3,5 millions barils.

Une première fuite s’est produite le 25 janvier au niveau du km 441 du pipeline, à Villa Hermosa (région Amazonas) où l’on estime que l’équivalent de 2000 à 3000 barils se sont échappés en pleine nature durant trois jours, avant que des employés de Petroperú n’intervienne. La seconde fuite a été enregistré le 3 février au kilomètre 206 du même pipeline dans la province de Dátem del Marañón, la quantité de pétrole déversé au cours de ce second incident technique n’a pas été encore été estimée.
En ce qui concerne les causes exactes qui ont conduit à la rupture de l’oléoduc et par conséquent au déversement de pétrole, la ministre à l’Energie et aux Mines Rosa María Ortiz a déclaré que « s’il était avéré que c’était dû à un manque d’entretien, des sanctions contre l’entreprise et les fonctionnaires de Petroperú responsables de cette situation seront prises ».

Selon l’Association interethnique pour le développement de la forêt péruvienne, depuis l’année 2010, 11 déversements de pétrole ont eu lieu dans l’Amazonie péruvienne. En signe de protestation, les membres de l’association ont annoncé un blocage des installations de Petroperú à Lima vendredi.
Le président de l’Organisation centrale des Communautés de l’Alto Marañón (ECBO) a déclaré au quotidien La Republica que la faune a été grandement affectée par cette pollution, laissant de nombreux poissons morts dans les rivières.
Une équipe du ministère de la Santé environnementale et Ministère de la Santé a réalisé des analyses de l’eau et du sol à différents endroits des affluents du Morona et du Marañón  impactés par la marée noire dans les régions de l’Amazonie et Loreto.
Le président de la République Ollanta Humala a annoncé des sanctions pour les responsables et s’est montré rassurant en affirmant que 90 % du cru a pu être récupéré.

« Ce sont prés de quatre-vingts communautés et villages indigènes de la région amazonienne qui sont les plus touchés par la marée noire », a affirmé le président de l’Organisation régionale des peuples indigènes de l’Amazonie du nord du Pérou (ORPIAN-P), Edwin Monténégro.