bolivie22022016

Le rêve du président bolivien Evo Morales de rester à la tête du pays semble s’envoler si l’on en croit les premiers résultats du référendum qui a eu lieu dimanche 21 février dans ce pays sud-américain. Le chef de l’État souhaitait obtenir le soutien de la population pour être conforté dans son voeu de réformer l’article 168 de la Constitution afin de se représenter aux élections de 2020 (pour un mandat de cinq ans), une volonté qu’il ne peut concrétiser actuellement, puisque la Constitution de l’État plurinational ne lui permet pas de briguer un quatrième mandat consécutif à la tête de la nation.

Les derniers chiffres provisoires dévoilés par la présidente du Tribunal suprême électoral (après 72,5 % des suffrages dépouillés), Katia Uriona, depuis la ville de Sucre annoncent 43,2 % de « oui » pour 56,5 % de « non », des résultats qui doivent être affinés, mais visiblement Evo Morales n’a pas été appuyé par les électeurs qui seraient enclins à du changement à la présidence en 2020. Ce sont près de 80 % des personnes aptes à voter qui se sont déplacées dans le calme, sans incident, pour faire entendre leur volonté dans les urnes.

Le président de la République a reçu l’aval des électeurs dans les départements de La Paz, Cochabamba et Oruro, tandis que le refus de changer la Carta Magna s’est manifesté dans les régions de Santa Cruz, Potosí, Chuquisaca, Tarija, Beni et Pando.
Selon le site internet de l’organe électoral, le TSE dispose de sept jours pour livrer les résultats définitifs du référendum. Pour l’ancien président Jorge Quiroga (2001-2002), ceux qui ont voté « non » se sont exprimés pour ne pas « changer les règles à l’avantage de deux personnes qui veulent poursuivre dans l’administration publique « .
« Nous disons non pour ne pas entrer dans le club sud-américain des honteux comme le Venezuela où les règles sont changées pour détourner l’argent et conduire le pays à la faillite comme ils l’ont fait là-bas. Nous voulons que notre pays fasse partie du club des démocraties d’Amérique du Sud », a déclaré Quiroga.
Il a souligné également que le président Morales doit remplir son mandat jusqu’en 2020, puis qu’il doit « rentrer à la maison, reprendre la direction de la rue, comme dans toute démocratie qui se respecte ».
Des sources gouvernementales ont indiqué qu’il existe un « ballottage technique » et que la lenteur du dépouillement est clairement défavorable au leader socialiste, autant dire que les proches du président ne crient pas défaite pendant que les opposants se gaussent déjà que ce dernier ait été désavoué…

Le vice-président García Linera a déclaré à la presse que « le plus simple et le plus sain » était d’attendre les données officielles, selon lui les chiffres évolueront favorablement « de manière drastique. » Selon García Linera, les enquêtes ne prennent pas en compte le vote à l’étranger, ni les quartiers et les zones rurales où le Mouvement vers le socialisme au pouvoir (MAS) « enregistre de bons scores ».
« Vous pouvez avoir des intentions de gagner avec cent pour cent des voix, en politique les ambitions sont toujours élevées, mais ce qui compte ce sont les chiffres et pour un référendum, un vote peut faire la différence », a-t-il ajouté.
Bien que la Constitution ne permet que deux mandats présidentiels consécutifs, Morales avait déjà pu se représenter une troisième fois en 2014 grâce à une décision de la Cour constitutionnelle qui avait justifié que son premier mandat (2006-2010) ne comptait pas parce que le pays avait été refondé comme État plurinational en 2009.
Si les résultats provisoires sont confirmés officiellement, ce serait la première défaite électorale d’Evo Morales au cours de ses dix années au pouvoir, même si en 2015 son parti a perdu des sièges clés lors des élections municipales.

Le référendum, qui s’annonçait au départ favorable au gouvernement a finalement eu lieu alors que des suspicions de corruption ont surgi !
Evo Morales, 56 ans, d’origine aymara a été accusé d’être lié à un scandale de trafic d’influence présumé pour le compte de la société chinoise CAMC, pour laquelle son ancienne compagne, Gabriela Zapata, travaille comme une directrice commerciale. Morales a nié tout trafic d’influence au nom de son ancienne compagne.