perou26022016

Voilà une nouvelle qui va réjouir, entre autres, les touristes du monde entier amateurs de la période précolombienne, le Pérou a inauguré le 15 février le nouveau musée Sanctuaire archéologique de Pachacamac dans la vallée de Lurín, au sud de la capitale Lima. La ministre de la Culture, Diana Álvarez-Calderón, a participé à l’événement inaugural de la nouvelle enceinte qui propose une collection de 277 objets, parmi lesquels des textiles, des céramiques, des objets en bois découverts dans le sanctuaire archéologique de Pachacamac, et la pièce éponyme, à savoir une idole, qui constitue le joyau de ce nouveau lieu.

Le président du Conseil des ministres, Pedro Cateriano, a affirmé aux médias qu' »un musée est l’âme vivante d’une nation » et « à inciter les citoyens à prendre connaissance » de son passé.
Cateriano a évoqué la profonde « conviction » du gouvernement du président de la République Ollanta Humala à mettre en avant l’éducation et la culture, et a souligné que, depuis son mandat débuté en 2011, le Musée d’art de Lima a été rénové et le Musée national d’archéologie, anthropologie et d’histoire a été reconstruit.

Il a ajouté « cette inauguration me remplit de satisfaction, car respecter la citoyenneté est une obligation de l’Etat ». Le sanctuaire archéologique de Pachacamac, situé dans la vallée de Lurin, a abrité pendant plus de 1000 ans les cultures de Lima, Wari et Inca Ychma. À l’arrivée des conquistadors espagnols en 1533, Pachacamac constituait le sanctuaire le plus important de la côte, comme on peut le lire dans les récits des chroniqueurs, seuls témoignages écrits de la période précoloniale. L’abandon du sanctuaire de Pachacamac date de l’époque coloniale. Au fil de temps, des chercheurs de pointe comme Max Uhle, Julio C. Tello, Arturo Jiménez Borja, entre autres, ont contribué à mener des recherches majeures sur la zone du sanctuaire.

Les temples préhispaniques ont été visités par des foules de pèlerins à l’occasion des grands rituels andins, Pachacamac était considéré comme un puissant oracle capable de prédire l’avenir et de contrôler les mouvements de la Terre. Le sanctuaire de Pachacamac attirait les habitants des Andes à la recherche de solutions à leurs problèmes ou de réponses à leurs préoccupations.

Le sanctuaire bénéficie d’un cadre exceptionnel, il est situé au début du tronçon Jauja-Pachacámac du célèbre « Chemin de l’Inca », la route Qhapaq Ñan (Inca Trail), qui a été déclaré en 2014 sur la liste du patrimoine culturel de l’UNESCO. La construction de ce musée a coûté 11,3 millions de soles, le ministère de la Culture a indiqué que le nouveau musée a été « construit selon les normes internationales et en respectant l’environnement archéologique.

Ce musée d’envergure possède par ailleurs d’espaces pour la recherche, ce qui permettra de révéler les mystères d’une zone historique qui à l’époque précolombienne était un oracle respecté. Ces espaces dédiés à démêler scientifiquement le passé, ont été mises en œuvre avec le soutien de l’Agence de coopération internationale du Japon (JICA) qui a alloué un fonds d’un 1 400 000 yens pour équiper les laboratoires.

Le nouveau musée, dont la directrice se nomme Denise Pozzi-Escot, a été construit sur les fondations de l’ancien, crée par Arturo Jiménez Borja en 1965.
Le musée flambant neuf est quatre fois plus grand, il offre un espace de 1000 m² pour les expositions, un auditorium, de grandes surfaces consacrées à la recherche, des laboratoires, une cafétéria.
Le site archéologique de Pachacamac est le plus important de la côte centrale, avec une superficie de 465 hectares et 6000 pièces enregistrées.

Depuis 2008, le nombre de visiteurs a augmenté de façon significative d’année en année, ce qui place ce sanctuaire archéologique comme l’un des plus visités au Pérou. Et la mise en oeuvre de nouvelles routes du circuit archéologique attire le public: pour rappel, « Par la route des pèlerins » permet aux visiteurs de se promener sur le même chemin parcouru par des voyageurs au départ de différentes parties du pays sud-américain il y a plus de 500 ans.