colombie14032016

Les habitants d’Amérique latine continuent d’être persécutés par le virus Zika, la Colombie, située en Amérique du sud, est particulièrement touchée avec près de 52 000 personnes infectées par la maladie transmise par le moustique aedes aegypti, également vecteur de la dengue et du chikungunya.

Dans la province d’Antioquía, 1449 cas du virus Zika ont été enregistrés depuis le début d’année, la municipalité la plus affectée est Apartadó avec 213 cas, elle est suivie de Medellín et de Turbo. Selon un dernier rapport émis samedi dernier par l’Institut national de la Santé, parmi les personnes infectées par Zika, 9511 d’entre elles sont des femmes enceintes, le bulletin épidémiologique indique que 3 702 nouveaux cas ont été recensés entre le 28 février et le 5 mars. Au cours de la semaine dernière, le nombre de femmes enceintes atteintes par Zika a augmenté de 7 %, la Colombie est le second pays le plus touché après le Brésil en Amérique latine, l’épidémie a atteint la Colombie au mois d’octobre dernier.

Les autorités de santé colombiennes ont rapporté trois cas qui ont été infectés par Zika et qui ont développé le syndrome de Guillain-Barré et ont perdu la vie. Le Brésil a confirmé plus de 640 cas de microcéphalie, et les médecins considèrent que la plupart des cas sont liés à des infections par Zika durant la grossesse. Bien qu’en général, les symptômes du virus Zika soient faibles à modérés comprenant des maux de tête et des douleurs musculaires essentiellement, il est de plus en plus probant que les femmes enceintes qui contractent la maladie peuvent mettre au monde des bébés atteints de microcéphalie, une maladie congénitale irréversible qui provoque des dommages irréparables au niveau du développement cognitif et moteur de l’enfant.

L’Institut national de la Santé a affirmé « que le système épidémiologique a répertorié 327 cas de syndromes neurologiques (syndrome de Guillain-Barré, neuropathie….) avec des antécédents de maladie compatible avec l’infection par le virus Zika ».

L’INS a déclaré que le virus Zika a touché plus sévèrement la population de 282 municipalités, la plupart des malades (63 %) son situés dans la région des Caraïbes et dans la zone centrale du pays.
Actuellement, les actions de prévention comprennent la pulvérisation pour éliminer les sites de reproduction du vecteur (moustiques Aedes), l’utilisation des moustiquaires et d’insecticides et l’usage de répulsifs sur la peau et les vêtements.

En Colombie, il faudra attendre le mois de juin et les accouchements de femmes qui ont contracté le virus au cours de ces derniers mois pour détecter ou exclure une recrudescence des malformations.

Parmi les personnes les plus touchées, on retrouve des femmes (67,4 %), avec une plus forte incidence chez les personnes âgées de 25 à 29 ans (14,1 %). En Amérique latine, la crainte autour des femmes enceintes relance le débat sur l’avortement alors qu’il est interdit dans de nombreux pays.

En Amérique latine, à l’exception de Cuba, de l’Uruguay et de la ville Mexico, mettre fin à sa grossesse est un acte condamné par une peine de prison. Certains pays autorisent l’avortement thérapeutique, en particulier en cas de viol ou de risque pour la vie de la mère ou du fœtus, c’est le cas du Brésil.

Au Salvador, où une interruption de grossesse est passible de quarante ans de prison pour la femme et le médecin qui procède à l’IVG, les autorités ont appelé les femmes en âge de procréer à éviter tout projet de grossesse jusqu’en 2017 !

Récemment au cours de son vol de retour vers Rome après six jours de voyage intense à travers le Mexique, le pape Francisco a évoqué la possibilité que l’Église catholique soutienne l’utilisation de contraceptifs pour prévenir la propagation du virus Zika dans des zones touchées, mais a refusé catégoriquement de permettre l’avortement comme un «moindre mal», même dans les cas de malformations congénitales graves.

Le Pape François a suggéré que les femmes menacées par le virus Zika pourraient utiliser la contraception, mais pas l’avortement, notant qu’il y a une différence morale claire entre l’interruption de la vie d’un fœtus et l’évitement d’une grossesse à risque.

Au cours des dernières semaines, il y a eu une augmentation du nombre de bébés abandonnés dans des orphelinats brésiliens, tous avec un point commun: ils sont nés atteints de microcéphalie.

Les bébés atteints ont besoin de soins spéciaux 24 heures sur 24, et vivent dans une douleur constante, ils sont sensibles à la lumière et huit bébés sur dix souffrent des convulsions et d’autres complications graves avant leur premier anniversaire ; une situation de plus en plus difficile à gérer pour les mères de bébés.

1 enfant sur 3 grandit sans son père biologique parmi les populations les plus pauvres, les médecins craignent que les mères de bébés atteints de microcéphalie ne soient abandonnés faute de moyens. Avec les services de santé sous pression, l’avortement interdit et le virus affectant les plus pauvres, l’absence d’un père est un autre fardeau que les mères célibataires doivent affronter, elles font donc le choix d’abandonner leur bébé.

Pour la directrice générale de l’OMS ‘ »nous ne devons pas attendre jusqu’à ce que nous ayons des preuves scientifiques définitives avant de déconseiller aux femmes enceintes de se rendre dans les zones touchées par Zika » en précisant « la transmission locale a déjà été enregistrée dans 31 pays et territoires en Amérique latine et des Caraïbes ».

Le 1er février, la directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Margaret Chan, a déclaré la propagation du virus Zika comme une « urgence mondiale » au vu de la recrudescence de cas de microcéphalie parmi les nouveau-nés dont les mères ont été contaminées par le virus pendant la grossesse.

« Le virus Zika en lui-même ne ferait pas l’objet d’une urgence de santé publique au niveau international tel que nous le connaissons; car cela n’engendre pas de cas cliniques graves » a affirmé le docteur David Heymann, qui fait partie des experts de l’OMS en ajoutant « mais d’un autre côté, les malformations sont tellement graves (sur les bébés) que nous avons décidé de déclarer cette urgence. Les cas de microcéphalie et autres déséquilibres neurologiques sont tellement graves et constituent une telle charge pour les familles que cela constitue une menace en soi, et c’est pourquoi j’ai accepté la recommandation du Comité ». Depuis ce bulletin de février, les autorités médicales ont réalisé que le virus Zika peut aussi causer des infections dans le cerveau des adultes.