perou22042016

Encore un bijou archéologique pour les scientifiques du Pérou qui ont rapporté à la presse la découverte d’une momie vieille de plusieurs siècles sur leur territoire, celui d’une femme noble, une dépouille remontant à 4500 ans selon les premières estimations et appartenant à la civilisation de Caral. C’est dans une position accroupie, recroquevillée et enveloppée dans des tissus de coton et un tapis de joncs que la dépouille a été découverte par ceux qui œuvrent sur le site depuis 1994, une équipe menée par la docteure Ruth Shady.

Cette mise au jour a eu lieu sur le site archéologique d’Áspero, l’ancienne ville dédiée à la pêche de la civilisation de Caral, une annonce faite par l’archéologue Ruth Shady et son équipe de chercheurs. La dépouille a été retrouvée accompagnée d’artefacts tels que des objets sculptés, mais aussi des semences de légumes, un collier de perles de mollusque, un objet en Spondylus et quatre « tupus » à savoir des « épingles » confectionnées dans des os représentant des oiseaux et des singes.

Huit flûtes fabriquées à partir d’os d’animaux ont également été retrouvées par les archéologues, une présence récurrente dans la région où auparavant des instruments musicaux avaient déjà été mis au jour.
« Tous ces instruments de musique ont été retrouvés à l’intérieur, dans un de tissu de coton, qui comprenait également du matériel botanique, de petits fragments de quartz, et deux sphères d’argile », a déclaré la chercheuse.
« La musique était un élément primordial du développement culturel d’Áspero et aussi un lien d’interaction avec d’autres lieux avec lesquels ils partageaient des croyances idéologiques et religieuses », a affirmé l’archéologue David Palomino.

La civilisation de Caral s’est développée entre 3000 et 1800 av. J.-C., elle est la mère de la culture américaine. Ce site de la vallée de Supe (à 182 km au nord de Lima) se trouve à un peu plus de 20 km de l’océan Pacifique. Caral a été déclaré sur la liste du patrimoine culturel de l’UNESCO en 2009, ce qui témoigne de sa grande valeur historique.
Shady a expliqué à l’agence Andina qu’il s’agit d’une sépulture humaine découverte dans la Huaca de los Ídolos de Áspero. « Les chercheurs ont analysé les restes du squelette et ont conclu qu’il s’agit du corps d’une femme d’environ 40 ans-50 ans ». Elle a expliqué que l’endroit où elle a été placée et sa sépulture témoignent du statut social élevé qu’a atteint ce personnage il y a 4500 ans, ajoutant « ces résultats révèlent la reconnaissance de l’égalité des sexes, permettant à la fois aux femmes et aux hommes d’exercer les plus hautes fonctions au pouvoir ».

Shady a également fait remarquer au cours de la conférence de presse qu’au-delà de la découverte de cette dépouille de femme aussi fascinante que révélatrice, d’autres détails importants permettent d’établir que les anciens habitants de cette région de la côte péruvienne, il y a plus de 5000 ans, entretenaient déjà une relation privilégiée et harmonieuse avec l’océan et les activités liées à la pêche.

Le site archéologique de Caral-Supe occupe 626 ha sur un plateau désertique aride qui surplombe la vallée de Supe. Il remonte à la période archaïque tardive des Andes centrales, il y a 5000 ans, et il s’agit de la plus ancienne cité de ce type aux Amériques. Caral constitue la représentation la plus emblématique de l’architecture et de l’urbanisme archaïque tardif dans l’ancienne civilisation péruvienne. Les monticules, les cours circulaires creuses et le plan urbain, qui ont été adoptés pendant des siècles, ont eu un impact sur les constructions voisines et par la suite une grande partie de la côte péruvienne.