perou10052016

Cuzco, cette ville est connue de tous les passionnés de la civilisation inca et du Pérou d’une façon générale, cette ancienne capitale inca dont le nom quechua signifie « nombril du monde » a conservé tout au long des siècles des structures précolombiennes, les murs ancestraux ont supporté les tremblements de terre et intempéries et constituent encore aujourd’hui une source d’admiration pour tous ceux qui sont confrontés à la puissance de ces fondations.

Mais le patrimoine culturel ne semble pas susciter l’intérêt et le respect de tous, ainsi neuf graffitis ont été repérés lundi 9 mai par les autorités sur des murs incas et des maisons coloniales du centre historique de Cuzco, ils seraient l’oeuvre d’un couple de touristes visiblement peu concerné par le poids et la valeur de l’Histoire !
Lors d’un échange avec l’Agence d’information Andina, le magistrat en charge de l’affaire a mentionné que les enregistrements de vidéosurveillance de la ville de Cuzco, des hôtels et de l’Université nationale de San Antonio Abad de Cusco (UNSAAC), ont montré la présence d’un couple réalisant des tags de 40 sur 50 cm environ « KOYOS 16 » à la peinture noire.

Ces personnes ne seraient pas originaires de Cuzco et encore moins du Pérou, elles auraient apparemment agi avec préméditation. Les autorités du ministère de la Culture de Cuzco enquêtent afin de punir les responsables et ont demandé la présence d’un représentant du ministère public. Le chef du département décentralisé de la Culture de Cuzco, Daniel Maravi a déposé une plainte pénale « Ces vandales doivent être punis et je suis convaincu que le ministère public enquête sur le cas pour retrouver les auteurs, ils devraient être punis pour avoir endommagé le patrimoine culturel ».
Les responsables de cet acte de vandalisme risquent six à huit ans de privation de liberté selon l’avis juridique de la Direction régionale de la culture de la région.

Concernant l’acte pour lequel ils sont impliqués, à savoir l’endommagement du patrimoine culturel, Cuzco se réfère aux résolutions de la Nation péruvienne et de l’UNESCO qui impliquent de se montrer ferme contre les auteurs de ces dégradations.
L’avocat Rubén García Carrión, a expliqué que s’ils avaient été arrêtés dans les 24 heures après avoir commis des dommages sur des biens culturels, les responsables pourraient être punis de détention « Les autorités doivent appliquer la loi avec sévérité », a-t-il dit.
« Ils ne sont pas connus à ce jour et on espère les identifier dans les plus brefs délais. Le dommage est prémédité, ces gens savaient ce qu’ils faisaient », a-t-il ajouté sur ce sujet.

Cette détérioration est intervenue en plein milieu du lancement de la campagne de conservation des murs incas « Gardez votre patrimoine ». « Cela ressemble vraiment à une mauvaise blague, juste le jour où cette campagne louable est lancée, ces murs et façades Inca semblent attaqués par des criminels, je tiens à exprimer ma ferme condamnation de ces actes de vandalisme et ma confiance envers le ministère public et le pouvoir judiciaire afin d’enquêter et de punir les auteurs de ces graffitis qui affectent le patrimoine culturel », a souligné avec une indignation évidente le chef de la Direction de la Culture Cuzco, Daniel Maravi.

Déjà au mois d’avril, des gardiens du parc archéologique de Sacsayhuaman avaient repéré des tags exécutés sur les murs incas dans les secteurs de Puca Pucara et Puqro, un fait qui avait été immédiatement signalé au ministère public de Cuzco. Selon le responsable du parc archéologique de Sacsayhuaman, les tags avaient été réalisés avec un aérosol de peinture dans un but de propagande politique.

Vidéo « Pérou: Cuzco et Lima »

(INA Institut National de l’Audiovisuel 29/08/1959)