perou10062016

Le ministère de la Culture décentralisée de la ville andine de Cuzco a informé fin mai que, via un certificat signé, les autorités régionales ont validé les survols exceptionnels en hélicoptère (entre le 1er juin et le 7 juin) au-dessus de la zone archéologique de Machu Picchu afin de répondre à des questions d’ordre scientifique.

Dans une interview avec l’Agence Andina, Daniel Vega Centeno, directeur de la Direction décentralisée de la Culture de Cuzco, a déclaré que le programme de recherche archéologique avait pour objectif de couvrir environ 5 000 hectares sans affecter le flux touristique, ni la faune et la flore de la région .

Pendant quatre jours, pendant une heure environ, une équipe de spécialistes a eu pour consigne de rechercher de nouveaux vestiges archéologiques, tels que des routes de la civilisation inca, des terrasses, des canaux, ou encore des « chullpas » (tombes en forme de tour). Le rapport préliminaire compilé doit être réalisé dans les deux mois, alors que le rapport final des travaux de recherche scientifique doit être remis dans les six prochains mois.

D’autre part, Vega Centeno a également souligné que le rapport servira également à adopter des mesures préventives contre les menaces d’incendies de forêt  durant la saison sèche au sein même du parc archéologique de Machu Picchu.

« La technologie LIDAR, qui a déjà été utilisé avec succès dans d’autres pays permettra d’identifier les vestiges archéologiques qui sont couverts par une végétation dense » ajoutant « avec la technologie moderne, nous pourrons percer les mystères qu’abrite encore le Machu Picchu », a ajouté Daniel Maraví Vega Centeno.

Le système Lidar est la seule technique de délédétection permettant de détecter simultanément la surface du sol et la végétation. Il fournit alors un MNT du sol et un MNS de la canopée. Cette technique non intrusive est particulièrement adaptée aux levés topographiques de zones très  luxuriantes en végétation, accidentées ou encore difficiles d’accès.

Le site archéologique conserve encore des zones non explorées plus éloignées des routes touristiques où il y a des constructions incas qui ne peuvent pas être étudiées en raison de la difficulté d’accès.

Et la cité inca du Machu Picchu attire toujours comme un aimant les touristes péruviens et internationaux, rien qu’au cours des trois derniers mois, le flux de visiteurs a augmenté de 25 %. Il est passé de 2500 visiteurs par jour à 3100 en moyenne.

Le chef du parc archéologique de Machu Picchu, Fernando Astete Victoria, a déclaré que cette croissance de fréquentation peut être mise en relation avec les problèmes de sécurité en Europe et ailleurs. « Les étrangers préfèrent les destinations en Amérique du Sud et en particulier à Cuzco », a-t-il dit. Le fonctionnaire a expliqué que, pour éviter que cette haute fréquentation n’impose une forte pression aux voies d’accès, les touristes empruntent des routes distinctes dans le complexe Inca : montagne Huayna Picchu et montagne Machu Picchu et l’Intipunku (entrée de zone pour l’Inca Trail).

La cité de Machu Picchu a été construite en 1450 par les Incas, toutefois la connaissance de son existence n’a été effective qu’en 1911 lorsque le chercheur Hiram Bingham a fait l’annonce de sa découverte scientifique et archéologique au monde

En 1983, le Machu Picchu a été inscrit au Patrimoine de l’Humanité de l’UNESCO sous le nom de « Sanctuaire historique du Machu Picchu ». Le 7 juillet 2002, il fut déclaré comme l’une des 9 merveilles du monde grâce aux votes de millions de personnes et plus récemment élu « Travellers’ Choice 2016 » par les internautes de TripAdvisor. Parmi les faits majeurs, survenus ces dernières années, en rapport avec la découverte du site, il est à noter la restitution de la part de l’université de Yale de pièces archéologiques soustraites au Pérou en 1911 par Hiram Bingham.

Fort du succès de ce lieu historique, l’Observatoire du Tourisme du Pérou (OTP) propose au ministère de la Culture et aux entreprises liées aux services fournis dans la citadelle de Machu Picchu (Cusco) de mener à bien une stratégie d’entreprise visant à augmenter les coûts d’accès pour les étrangers afin de tripler le revenu généré par ce complexe très attractif chaque année.

« Nous faisons cette suggestion, grâce aux statistiques que nous avons recueillies […], et d’après les études sur les dépenses que font les voyageurs étrangers qui arrivent à la citadelle Inca, il est avéré que les touristes étrangers visitant Machu Picchu investissent entre 4000 $ US et 5000 $ US pour leur voyage au Pérou, et qu’ils seraient prêts à payer plus que cela pour leur voyage au Pérou ».

Marsano pense que cette solution permettrait également d’éviter la détérioration de la citadelle, dont l’infrastructure de plus de 500 ans ne serait pas prête à accueillir entre 3 000 et 3 500 visites par jour.