bolivieperou04072016

Alors que les électeurs péruviens ont choisi leur prochain président, Pablo Kuczynski, qui prendra les rênes du pays sud-américain le 28 juillet prochain pour un mandat de 5 ans, son homologue bolivien l’a félicité pour sa victoire et a publié une lettre dans laquelle il réaffirme sa volonté de maintenir des liens étroits et cordiaux avec le pays voisin. Dimanche 3 juillet, Evo Morales, président de la Bolivie élu jusqu’en 2020 a ainsi déclaré : « Je réaffirme mon engagement à renforcer et à étendre nos liens solides de coopération et de fraternité qui ont nourri les relations entre nos deux pays » ajoutant être « certain de poursuivre le chemin tracé par nos aïeuls en quête de jours meilleurs pour nous tous ».

Après les résultats du second tour des élections présidentielles péruviennes, le chef de l’État bolivien avait déjà salué le processus démocratique qui a conduit Pablo Kuczynski aux plus hautes fonctions, fin juin il avait ainsi affirmé dans une lettre : « J’éprouve un grand plaisir à exprimer, au nom du gouvernement national et du peuple bolivien, nos plus sincères félicitations pour ce choix démocratique le consacrant en tant que président de la République du Pérou ».

Selon le ministre des Affaires étrangères David Choquehuanca, la Bolivie et le Pérou ont un agenda chargé concernant des projets communs qui doit être consolidé avec des accords permettant d’étendre leurs relations.

Le ministre des Affaires étrangères a dit qu’il continuait à s’efforcer de concrétiser la réunion du cabinet binationale initialement prévue le 24 mai avant que le président du Pérou sortant, Ollanta Humala, ne quitte ses fonctions.

Kuczynski a remporté la présidence de peu contre la candidate Keiko Fujimori avec 50,120 % des voix lors d’un suffrage vivement contesté, au premier tour en avril la fille de l’ancien président Alberto Fujimori était arrivée en tête avec 24,02 % des votes.

Pour le Pérou, la relation qu’elle entretient avec la Bolivie est extrêmement importante, non seulement en raison des liens historiques de fraternité que les deux nations maintiennent, mais en raison d’une multitude d’intérêts communs comme la gestion partagée des ressources en eau, les projets d’interconnexion de routes, l’insécurité croissante à la zone frontalière…

Du point de vue géopolitique, le Pérou partage une longue frontière avec la Bolivie, il existe de nombreux mécanismes bilatéraux pour résoudre les problèmes : le dialogue sur la politique de sécurité et de défense (2 + 2, COMBIFRON), la maîtrise des ressources en eau transfrontalières (l’Autorité binationale autonome du système d’eau ALT- TDPS ; Commissions techniques binationales), l’intégration, le commerce et les questions connexes (Commissions mixtes sur le transport terrestre international, le contrôle des drogues et de lutte contre la contrebande), entre autres.

En ce qui concerne les relations économiques et commerciales, les échanges commerciaux entre le Pérou et la Bolivie sont majeurs, 91 % des exportations péruviennes vers ce pays concerne des matières premières. En ce qui concerne les investissements, la Bolivie est l’un des endroits les plus importants pour les entrepreneurs péruviens.

Dans le domaine culturel, le Pérou et la Bolivie ont conjointement participé aux célébrations de l’Année internationale de la quinoa et ont également défendu conjointement l’initiative d’inclure le chemin de l’Inca, patrimoine culturel commun,  Qhapac Ñan, afin qu’il soit inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

En juin 2015, les chefs de l’État du Pérou et de la Bolivie ont signé conjointement la Déclaration de Isla Esteves, le 23 juin, des accords convenus durant le premier Cabinet binational qui se sont tenus dans la région de Puno. Les accords avaient pour but de créer une Commission binationale de haut niveau fixant un délai pour agir conjointement à la préservation environnementale du lac Titicaca et de ses ressources biologiques, et plus précisément dans le secteur du Lac Mineur.

Lors des résultats présidentiels, l’ambassadeur du Pérou en Bolivie, Luis Benjamin Chimoy, avait déclaré « évidemment il y a quelques petites divergences, mais elles ne sont pas essentielles ».

Kuczynski provient d’une formation de centre-droit, ex-fonctionnaire de la Banque mondiale et ancien ministre de l’ancien président Alejandro Toledo. Sa gestion devrait être marquée par une plus grande ouverture au marché libre en renforçant la participation du Pérou à l’Alliance du Pacifique créée en 2011 (Pérou, Chili, Mexique, Colombie) et à la communauté andine des Nations (Bolivie, Equateur, Colombie, Pérou).