colombie22072016

La pollution au mercure en Colombie est un fléau environnemental, on estime qu’environ 205 tonnes de mercure sont rejetées annuellement dans les différents cours d’eau du pays sud-américain, en particulier ceux qui sont situés dans la partie inférieure à savoir le Cauca, le Choco et le Nariño.

Comme les scientifiques l’expliquent, le mercure est un métal volatil qui peut être transporté sur de longues distances par les courants d’air et les rivières, il est stocké dans les sédiments et se transforme en méthylmercure ce qui constitue un contaminant au sein de la chaîne alimentaire, atteignant les animaux comme les poissons et d’autres espèces qui sont la principale source de nourriture des natifs.

Bien que le mercure affecte principalement le système nerveux, les reins et le foie, il induit également des problèmes de santé plus subtils (comme les mains tremblantes) qui peuvent être confondus avec les symptômes cliniques d’autres maladies, ce qui rend le diagnostic clinique de l’intoxication aux métaux difficile.

« Des niveaux élevés de mercure dans le poisson laissent à prévoir que les consommateurs des produits de la pêche, essentiellement les communautés autochtones, les colons et les autres consommateurs, présentent un bioaccumul de ce métal lourd », peut-on lire dans un communiqué officiel du gouvernement, dès lors la traque aux mineurs illégaux est plus que jamais d’actualité, sachant que cette activité pratiquée clandestinement est l’une des principales causes de pollution de l’eau douce sur le territoire national.

Les chercheurs d’or, mais aussi de coltan et même d’uranium, occupent 12 régions du pays, dont 21 départements (Cauca, Antioquia, Choco Santanderes, Amazonas, Guainía, Putumayo, Valle, Vichada, Cundinamarca, Sucre, Boyaca, Vaupes, Bolivar, Magdalena, Cesar, Cordoba, Risaralda, Caldas et Caquetá), ils exercent des activités qui engendrent des contaminations au mercure et au cyanure.

Dans le département d’Amazonas, l’extraction illégale d’or a un impact majeur sur l’environnement et joue un rôle fondamental sur la sécurité alimentaire des populations locales.

Les activités minières illégales violent les critères fixés par la Cour constitutionnelle de Colombie sur le droit à la santé, les peuples autochtones restent les principales populations affectées et font pourtant l’objet d’une protection constitutionnelle spéciale. Une situation d’autant plus grave et inquiétante que beaucoup de ces personnes sont en danger d’extinction, en subissant cette pollution destructrice, il y a une violation directe de leur droit à vivre pleinement et librement sur leurs terres ancestrales.

L’exploitation minière illégale dans le pays pourrait être plus nuisible et dangereux que le trafic de drogue étant donné qu’un kilo de cocaïne coûte en moyenne maintenant quatre millions de pesos et un kilo d’or représente environ 90 millions de pesos.

Selon le rapport “Minería y Desarrollo, 70 % des Andes colombiennes et 40 % du territoire national au total sont marqués par l’exploitation minière y compris dans les zones protégées et écologiques prioritaires, et dans 233 municipalités l’exploitation minière illégale est pratiquée ce qui signifie presque un cinquième du territoire. La Colombie est le pays avec le taux de contamination au mercure le plus élevé du continent. En moyenne, chaque année 180 tonnes de mercures sont produites laissant des stigmates sur environ 90 cours d’eau du pays irrémédiablement contaminés.

L’exploitation minière illégale ou criminelle constitue environ 60 % de toute la production minière dans le pays. Juan Carlos Henao a souligné lors des pourparlers du processus de paix menés à La Havane que l’exploitation minière illégale ne retient pas l’attention qu’elle mérite vraiment et pourtant elle est à l’origine de différentes formes de violence dans les régions où les FARC ont le plus d’influence.

Le gouvernement a insisté sur le fait que l’une des priorités de l’État sera de combler les lacunes que laissent les FARC dans les différentes régions du pays en instaurant un climat de sécurité et d’ordre.

(reportage de 2013)