equateur08092016

Mercredi, le rêve d’un paradis vert préservé de toute forme de pollution a pris fin en Équateur, après des années d’indécisions et de tentatives avortées autour du projet écologique Yasuni ITT, le pays sud-américain a décidé de procéder à l’exploitation de son plus grand bloc pétrolier, situé au cœur de la forêt amazonienne, 20 000 barils de brut vont être produits par jour au sein du bloc 43, localisé dans le parc national Yasuni.

« Aujourd’hui commence une nouvelle ère, un nouvel horizon pour le pétrole équatorien », a déclaré le vice-président équatorien, Jorge Glas, en évoquant l’utilisation d’une technologie pour minimiser l’impact sur l’environnement fragile et privilégié de cet espace naturel. Les premiers essais d’extraction ont eu lieu en mars et actuellement une production de 20 000 barils a été atteinte dépassant les attentes du gouvernement, ils espèrent doubler ce niveau d’ici la fin de l’année. En 2017, la production moyenne devrait atteindre 50 000 barils par jour.

Le président Rafael Correa a décidé l’exploitation d’ITT en 2013, l’initiative « ITT », (qui reprend les initiales des gisements pétrolifères d’Ishpingo, Tiputini et Tambococha) dans la forêt amazonienne, des  sites qui présentent près de 20 % des réserves du pays en or noir, avait pour but de persuader les pays riches de financer à hauteur de 3,5 milliards de dollars l’abandon de leur exploitation à des fins environnementales, soit un manque à gagner que les Équatoriens évaluaient à 850 millions de barils de pétrole.
Le projet ITT a pris de l’importance en 2007 lorsque le président équatorien Rafael Correa, a lancé une proposition visant à laisser le brut sous terre en échange d’une compensation financière de la communauté internationale qui protégerait définitivement le parc national Yasuni et limiterait les émissions de gaz en évitant, entre autres, l’expulsion dans l’atmosphère de 407 millions de tonnes de dioxyde de carbone qui seraient générés par la combustion du pétrole.
L’engagement de la communauté internationale n’a finalement pas répondu aux attentes et l’initiative a échoué, de sorte que le gouvernement équatorien a lancé un «plan B» qui impliquait l’exploitation de l’ITT.

« C’est le pire lieu imaginable pour une extraction pétrolière. Le monde ne peut tout simplement pas se permettre de perdre un endroit comme Yasuni », a déclaré Kevin Koenig, directeur de programme pour l’Équateur Amazon Watch, dans un communiqué.

La Réserve Yasuni couvre une superficie de près d’un million d’hectares et elle constitue le territoire des populations natives  tagaeri et taromenane qui vivent en isolement volontaire, elle héberge une faune et une flore précieuses. La Réserve a été créée en 1979 et a été déclarée par l’UNESCO comme Réserve Mondiale de la biosphère en 1989. Il s’étend sur 982 000 hectares dans le bassin de l’alto Napo en Amazonie. Yasuni offre une variété de 2 274 espèces d’arbres et d’arbustes, sur un seul hectare on peut répertorié jusqu’à 655 espèces différentes.

Le parc Yasuni est considéré comme l’un des lieux les plus riches de la planète d’un point de vue de sa biodiversité. Le gouvernement espère que, dans quelques années, la production s’élève à de 300 000 barils par jour. Avec cette nouvelle contribution, l’Équateur devrait parvenir à 568 000 barils par jour de production de pétrole brut, dont la plupart seront destinés à l’exportation.
Le pétrole, qui représente environ 20% des revenus de la trésorerie nationale de l’Équateur, se vendait autour de 100 $ le baril au début de 2014, mais le baril est maintenant à 46 $ et il pourrait chuter au prix de 20 des dollars au cours de l’année selon des experts. L’Équateur est le plus petit pays membre de l’OPEP et a beaucoup souffert de la chute des prix du pétrole. Près de la moitié de son revenu provient du pétrole, selon la Banque mondiale.

Selon Glas, au sein du bloc 43 « la technologie appliquée et les mesures environnementales adoptées ont pour objectif de réduire au maximum l’impact sur l’Amazone, comme le forage directionnel et horizontal, ce qui permet une utilisation moindre de l’espace de surface en plaçant plusieurs puits sur la même plate-forme ».

Les défenseurs de l’environnement ont mal accueilli le début de cette exploitation: « Les peuples isolés et la nature vont être plus vulnérables », a lancé la présidente d’Accion Ecologica à la presse, Esperanza Martinez.
Selon les informations fournies par le Ministère des secteurs stratégiques, Petroamazonas annonce son pic de production d’ici six ans avec environ 300 000 barils par jour.