argentine13092016

La pauvreté des enfants reste encore à des niveaux très élevés en Argentine, malgré une baisse enregistrée entre 2010-2015, les chiffres sont éloquents puisqu’un enfant sur cinq, vivant en zone urbaine, souffre de problèmes nutritionnels selon un rapport de l’Observatoire de la dette sociale de l’Université catholique de l’enfance et de l’adolescence.

L’étude a porté sur l’impact de la malnutrition infantile entre 2010 et 2015, l’insécurité alimentaire globale (consommation alimentaire réduite) pour les mineurs a chuté de 2,3 pour cent, malgré tout en 2015 la situation de l’insécurité alimentaire concernait encore 19,5 pour cent des enfants et adolescents résidant en zone urbaine, et 7,7 pour cent d’entre eux souffrait de carences sévères.

L’UCA pose le contexte macroéconomique en Argentine comme l’une des causes de ce triste état de fait, l’année 2015 a été marquée par un fort déficit budgétaire, une économie avec des indicateurs clairs de stagnation, un manque d’investissement, une faible capacité à créer de nouveaux emplois, une hausse de l’inflation et une situation de « pauvreté économique extrême soutenue », des facteurs d’appauvrissement pour la population.

42 pour cent des enfants et des adolescents grandissent dans des foyers confrontés à des problèmes d’assainissement (pas d’accès au tout-à-l’égout ou encore à l’eau courante).
En ce qui concerne l’éducation, l’Observatoire estime que 23 pour cent des adolescents sont dans une situation de déficit éducatif, ce déficit est de 40 pour cent parmi les couches sociales les plus faibles et de 35 pour cent dans les centres urbains.
49,9 pour cent des enfants et des adolescents (Argentine urbaine) vivent dans un habitat insalubre, en raison de problèmes de pollution liés à la proximité d’ usines et / ou de décharges d’ordures.
Historiquement l’Argentine a été le pays d’Amérique latine, avec la plus forte classe moyenne et avec le moins de problèmes d’inégalité et de pauvreté extrême. Mais peu à peu l’histoire a évolué défavorablement et la crise de 2001 a conduit à une dure réalité, avec une pauvreté qui a dépassé 50 % de la population. Peu à peu, le pays sud-américain s’est relevé, mais n’a jamais réussi à enrayer la pauvreté. Au cours des dernières années, depuis que l’Argentine a cessé de croître de façon spectaculaire (vers 2010), la pauvreté est devenue une donnée structurelle.

Ces dernières années, le gouvernement de Cristina Kirchner a vu la pauvreté augmenter, ces derniers mois, Mauricio Macri fraîchement élu (en décembre) à la Casa Rosada, n’a pas réussi à donner une nouvelle impulsion au secteur économique, selon les indicateurs, il y aurait 1,4 million de nouveaux pauvres.
Selon l’étude, le taux de pauvreté a augmenté de 5 points, il est passé de 29 pour cent en décembre, lorsque Fernandez de Kirchner (2007-2015) a laissé le pouvoir à Mauricio Macri, à 32,6 pour cent à la fin du premier trimestre de cette année. Le taux d’indigence est passé, quant à lui, de 5,3 % à 6,9 %. Le ministre du Travail argentin Jorge Triaca, a reconnu que ces derniers mois « 120 000 emplois ont été perdus ».
Au total, plus de 5 500 000 enfants vivent dans des ménages dont le revenu est inférieur au seuil de pauvreté.
« Les enfants pauvres sont ceux qui appartiennent à des ménages dont le revenu familial ne permet pas d’acquérir un panier de biens et de services de base d’une valeur de 7033 $ par mois ». L’augmentation de la pauvreté survient dans un contexte d’inflation supérieure à 30% par an, avec de fortes hausses des prix des services de base tels que les transports (100%), l’électricité (500%), l’eau (500%) et le gaz (300%), ainsi que l’augmentation des aliments et du carburant avec pour toile de fond de milliers de licenciements dans le secteur public et privé.

Le Pape François a récemment appelé les Argentins à être « sensibles » à la « douleur de tant de gens » qui sont embourbés dans la pauvreté en Argentine. Dans un message exprimé à l’occasion de la collecte traditionnelle « plus pour moins » il  y a quelques jours, le Pape a dit à ses compatriotes que « les pauvres cherchaient une main amie pour les aider ».
Dans un communiqué publié par les évêques qui composent la Commission épiscopale pour l’aide régionale aux plus démunis d’Argentine, Francisco a exhorté « à être sensible au cri de douleur de tant de personnes marginalisées et rejetées ».
Le but de la collection, a déclaré Mgr Pedro Olmedo, président de la Commission épiscopale, est « se rapprocher avec le coeur de nombreuses réalités relatives à la pauvreté et l’exclusion »François recevra le 15 octobre au Vatican le président argentin pour une audience privée.