mexique18112016

Les chercheurs de l’UNAM ont signalé la présence d’une deuxième sous-structure dans la première retrouvée au sein de la pyramide de Kukulkan à Chichén Itzá; cette découverte pourrait être un moyen d’en savoir plus sur la période « pure Maya », dont on sait peu de choses.

En 2015, les chercheurs avaient déjà révélé l’existence d’un « cenote » entre 20 et 25 mètres de diamètre, sous la pyramide appelée « El Castillo » le Château. La structure localisée « nous informe qu’il y a eu plusieurs stades d’évolution dans l’enceinte de Chichén Itzá », des propos tenus par la spécialiste Denisse Argote de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire (INAH).

La tomographie électrique en trois dimensions est une technique géophysique pour l’étude du sous-sol, appliquée dans ce cas à une structure qui a permis aux chercheurs de « regarder » à intérieur de la pyramide avec la technologie qu’ils ont créée, une méthode non invasive et qui est unique dans le monde.

« Un courant électrique souterrain est envoyé à travers une série d’électrodes qui permettent de mesurer simultanément la différence de potentiel et finalement la résistivité du sol ». Cette série d’études tomographiques, basées sur une projection de lumière à l’intérieur de la pyramide pré-hispanique, a donc permis de connaître l’existence d’une nouvelle pyramide de 10 mètres de haut, datant des années 550-800 ; c’est-à-dire la période la plus ancienne de la civilisation maya.

À l’intérieur du temple de Kukulcan, aussi connu comme El Castillo, une autre pyramide de 20 mètres a été identifiée dans les années 1930, ce qui correspond aux années 800-1000, période de transition pour la civilisation maya. Cet édifice, contrairement au temple de surface, est une structure intermédiaire constituée d’un mur plat avec un style différent, qui intéresse de près les chercheurs.

Selon René Chávez Seguro, chef de projet et chercheur à l’Institut de géophysique de l’Université nationale autonome du Mexique, « le Temple de Kukulcan fonctionne comme une poupée russe, d’un grand édifice nous en sortons un autre et un autre. » En outre, les experts supposent l’existence d’un sanctuaire au sommet de la pyramide nouvellement découverte, néanmoins ils ont fait remarquer que les détails de la taille et la forme de la structure ne peuvent ne pas être connus avant que l’université ne réalise des fouilles archéologiques en son sein.

D’autre part, grâce aux études réalisées sur le site du patrimoine de Chichén Itzá, on sait que la pyramide de Kukulcan avait été érigée en l’honneur du dieu maya Serpent à plumes, et qu’elle est construite sur un système hydraulique, qui témoigne également du talent architectural des peuples mayas. Cette découverte pourrait fournir une nouvelle perspective sur la culture d’origine maya, avant qu’elle ne se mélange avec d’autres populations du centre du Mexique.

Selon les résultats des recherches récentes, il a été déterminé que la période la plus importante de l’édification de Chichén Itzá est divisée en trois étapes, « Maya pure », « Maya-toltèque », et enfin la période de « décadence » de la civilisation entre 1000 et 1300, avec cette structure de 30 mètres encore appréciée aujourd’hui par près d’un million de visiteurs par an qui découvrent Chichén Itzá, un site d’exception inscrit au patrimoine mondial par l’UNESCO en 1988.

Icône de la civilisation maya, la grande pyramide, comme le reste de Chichén Itzá, a été abandonnée des siècles avant l’arrivée des Espagnols.

Malgré la richesse de cette dernière découverte, les archéologues croient qu’ils ont encore beaucoup à étudier sur le site de Kukulcan. Chichén Itzá est le plus important témoignage archéologique de la civilisation maya-toltèque dans le Yucatán (Xe-XVe siècle). Ses monuments, notamment ceux du groupe septentrional, qui comprennent la grande cour du jeu de pelote, le temple de Kukulkan et le temple des Guerriers, comptent au nombre des chefs-d’œuvre incontournables de l’architecture d’Amérique centrale du fait de la beauté de leurs proportions, de la délicatesse qui a caractérisé leur construction et de la somptuosité de leurs décors sculptés. Ces monuments ont exercé une influence majeure dans toute la zone du Yucatán entre le Xe et le XVe siècle.

Ce projet de tomographie se déroule depuis deux ans, et a coûté environ deux millions de pesos.

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