bolivie31012017

Onze niches trapézoïdales qui ont servi à placer des idoles « huacas » ou momies à la période inca ont été trouvées et restaurées sur l’Isla del Sol, située sur la rive bolivienne du célèbre lac d’altitude Titicaca, une information rapportée par le ministère de la Culture de la Bolivie. Ces niches se localisent au sein de la communauté Iyumani, des natifs installés au sud de l’île, ces vestiges archéologiques ont été restaurés par une quarantaine de personnes issues de cette communauté, soutenues dans leurs travaux par le ministère pendant cinq mois.

Selon un rapport de cette entité, « les bases des niches sont intactes », mais pour les préserver, elles doivent « être maintenues in situ ».

Les indigènes résidant dans la cordillère des Andes avaient découvert de « vieilles pierres » en août dernier alors qu’ils nettoyaient quelques terrasses destinées à l’agriculture. L’équipe de restauration, composée de femmes et d’ hommes ont alors mené un travail « d’archéologie sociale-communautaire», et ont œuvré de façon à « récupérer leur patrimoine archéologique ».

Le lac Titicaca fut le site de nombreuses cultures anciennes, comme les civilisations Tiahuanacota et Inca, et ont laissé des témoignages archéologiques d’une grande valeur.

« Les villageois ont contribué à placer les pierres, l’argile, la paille et du mucilage local (substance végétale de viscose), en utilisant un matériau organique de style préhispanique amovible et périssable », a affirmé Aviles, dans un communiqué du Ministère de la Culture et du Tourisme. Il a également souligné que les membres de la communauté veulent laisser des restes pour les générations futures. « pour eux, le patrimoine est synonyme de développement culturel, économique et social », a-t-il conclu.

La légende veut que Manco Capac et sa femme-épouse Mama Ocllo, les créateurs de la civilisation Inca, soient originaires du lac Titicaca, et qu’ils aient fondé la ville de Cuzco, ancienne capitale de l’Empire, ville-« nombril du monde » de la culture précolombienne incaïque.

Le Titicaca revêt un caractère sacré pour les populations des Andes, de nombreuses célébrations ont lieu sur ses eaux encore aujourd’hui en hommage au berceau de la civilisation inca. Manco Capac et de Mama Ocllo, fils des dieux Inti (soleil) et de Pachamama (terre) sont sortis des eaux du lac Titicaca, un bâton d’or à la main, et cherchèrent un lieu fertile où celui-ci s’enfoncerait facilement dans le sol, c’est ainsi que la capitale Cuzco fut créée. L’Isla del Sol est donc le véritable centre de la mythologie inca, autant dire que cette mise au jour de lieux sacrés incas comme des niches funéraires, témoignent d’un passé glorieux et constituent un patrimoine identitaire d’exception.

Les Incas pensaient que l’énergie vitale des hommes ne disparaissait pas avec la mort, mais que les forces spirituelles s’unissaient dans l’autre monde, l’au-delà, se nourrissant et buvant et perpétuant ce qu’elles aimaient de leur vivant d’où l’importance des offrandes alimentaires et autres. Les membres de l’élite rejoignaient le Soleil en quittant le monde terrestre tandis que les gens de la plèbe n’accédaient pas à cet autre niveau. Seuls les personnages de haut rang avaient le privilège d’accéder à l’embaumement, les mallqui (dépouilles) livraient des oracles aux vivants par la voie des interprètes, le corps des ancêtres, possédait par ailleurs des vertus guérisseuses pour celui qui le touchait.

Lors des cérémonies importantes liées au calendrier agricole ou autres célébrations d’envergure les momies sortaient de leurs niches pour être menées avec un grand faste dans le temple du soleil, Coricancha (littéralement, en langue indigène quechua : « enceinte de l’or », représentait le lieu le plus sacré de l’empire des Incas), à Cuzco ou encore sur la grande place. Une pratique qui va horrifier les conquérants espagnols lors de l’invasion de l’Empire, une pratique qui sera sévèrement condamnée, et interdite dans le cadre d’une politique d’acculturation totale menée par les extirpateurs d’idolâtries essentiellement jésuites de l’Ancien Monde.

Le lac Tititcaca, dont la valeur culturelle et historique est indéniable, abrite plusieurs îles dont les habitants ont su préserver leurs traditions et leur mode de vie ancestral. Parmi eux, les Uros, qui vivent sur les îles flottantes fabriquées artificiellement avec du jonc et qui naviguent sur leurs embarcations traditionnelles. Taquile, Suasi et Amantaní sont réputées pour leurs constructions typiques, leurs méthodes de tissage ancestrales, leurs constructions précolombiennes et leurs paysages extraordinaires. La Réserve nationale du Titicaca au Pérou a pour ambition de protèger une faune et une flore exceptionnelles.