mexique14022017

Un nouveau vestige du passé précolombien a été découvert au Mexique, une mise au jour faite par les archéologues de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire (INAH), il s’agit d’une tombe (Tumba de Tiro) en parfait état de conservation comprenant des ossements humains et des objets vieux de 1700 ans située à Colima (nom de l’État du nord-ouest du Mexique utilisé pour désigner un des styles de l’« archaïque supérieur » au Mexique).

Dans les régions de l’ouest du Mexique, entre les États de Jalisco, Colima et Nayarit ont été découverts les vestiges d’une culture appelés les « Tumbas de Tiro », à savoir un type particulier de tombes mortuaires en raison de leurs caractéristiques de construction.

Les experts évoquent une zone d’inhumation qui abritait les dépouilles d’au moins 12 hommes adultes, et font mention dans un communiqué officiel d’« une petite fenêtre » sur ce qui fut « un grand panthéon préhispanique de la période Comala (0 – 500 après J-C.) ». En outre, les archéologues ont trouvé quatre objets en céramique, « une offrande composée de deux sculptures, un pot et bol », ainsi que d’autres preuves d’ossements situés autour de la zone d’inhumation.

Des chercheurs du Centre de l’INAH de Colima soulignent la valeur de cette tombe, car elle a été retrouvée parfaitement scellée et préservée des « huaqueros », ces pilleurs de tombes qui bafouent la préservation du patrimoine national à des fins purement mercantiles en s’appropriant des objets séculaires pour les revendre sur un marché parallèle.

Les archéologues ont précisé que c’est la première fois qu’un tombeau de la sorte est mis au jour dans cette région du pays alimentant de sorte l’espoir de trouver davantage de lieux d’inhumation de ce type dans le secteur.

L’archéologue Rafael Platas Ruiz affirme que le tombeau a été trouvé à une profondeur de 84 centimètres, sous une dalle de béton effectuée au cours de la rénovation de l’Église adventiste du Séptimo Día (Septième Jour). La fosse est formée d’un creux ovale de 50 centimètres de diamètre et il est composé de trois niveaux d’inhumation.

Deux figures anthropomorphes avec des traits masculins et féminins ont été découvertes sur le deuxième niveau d’enfouissement à une profondeur de 1,6 mètre. Les sculptures mesurent environ 30 centimètres de haut et 10 cm de large, bien que la pièce masculine soit plus grande. Les archéologues affirment que les objets retrouvés leur ont permis de déterminer la période d’inhumation, à savoir une période couvrant les 500 premières années de notre ère.

Une figurine représente un robuste personnage masculin avec une coiffe portant une protubérance sur le sommet du crâne (en forme de corne) et tenant probablement une hache; et l’autre représente une femme avec une tête triangulaire, le nez aquilin et accueillant dans ses mains un récipient circulaire. Le tombeau a été scellé avec des pierres de différentes tailles, des os humains, et des matières organiques de comblement.

« La présence de ces pièces dans le cadre de l’offrande fait allusion à la cosmovision des groupes qui habitaient la vallée de Colima durant cette période. Les sculptures, en fonction de ses attributs, agissaient comme des éléments propitiatoires qui assuraient la protection du défunt, tout comme le cas de la sculpture masculine représentant un chaman, tandis que les autres objets ont servi aux exigences du passage à l’infra-monde », a affirmé le spécialiste Platas Ruiz.

L’absence de monuments de pierre, de statuaire et de bas-reliefs, la fascinante abondance d’objets en céramique, la variété et la qualité surprenante des figurines et des vases en terre cuite caractérisent la culture de Colima. Par milliers, les tombes, généralement pillées par des néophytes, livrent des statuettes et des récipients en terre.

« Il peut y avoir davantage de dépôts funéraires parce que la vallée de Colima se caractérisait par une occupation continue et importante durant la phase Capacha (1500 av. J.-C.) jusqu’à l’arrivée des Espagnols (1500 apr. J.-C.)« , ont conclu les archéologues.