argentine28022017

Naître femme n’est pas un gage d’une longue vie paisible dans de nombreux pays du monde, et les données d’une ONG Argentine font froid dans le dos, on apprend ainsi que dans le pays du Cône Sud, toutes les 30 heures, un féminicide est commis. Seulement au cours des 7 dernières années, quelque 2384 femmes et filles ont été tuées sur le territoire national.

Cependant, au cours des 43 premiers jours de l’année 2017, la fréquence a encore augmenté de façon préoccupante : toutes les 18 heures, une femme est tuée. Ce chiffre, publié la semaine dernière par l’organisation civile La Casa del Encuentro, a bouleversé les consciences sociales dans le pays sud-américain, selon plusieurs médias locaux.

En 2016, 290 femmes ont été tuées, 50 pour cent d’entre elles sont décédées à leur domicile, témoignant que le foyer ne représente pas, contre toute attente, un lieu sûr, un nombre qui est même en augmentation de 1,34 % par rapport à l’année précédente.

Il est à noter que les violences sexuelles sont devenues une préoccupation majeure en Argentine, en réponse à ce terrible constat, des dizaines de manifestations massives ont été organisées pour dénoncer la violence contre les femmes et demander à ce que le poids de la répression de la justice atteigne les agresseurs de façon effective. La plupart des manifestations ont été organisées par la campagne « Ni Una Menos » (« Pas une en moins »).

L’une des données les plus inquiétantes pointées du doigt dans le rapport c’est que seulement 9,7 % des femmes assassinées avaient déposé une plainte pour mauvais traitement au préalable, ce qui signifie que les femmes, victimes de violence de genre, « ne croient pas en la justice » de leur pays et subissent la violence.

Les assassins étaient dans 55 % des cas, les compagnons ou ex-compagnons des victimes, l’objectif est donc de s’attaquer à la racine du mal, à savoir la culture machiste qui prévaut en Argentine, « le féminicide est la partie immergée de l’iceberg, cela masque un phénomène beaucoup plus profond qui est une société patriarcale extrêmement inégale », a déclaré le sénateur Juan Manuel Abal Medina. Les hommes et les femmes doivent lutter conjointement contre ce fléau, a déclaré l’ancien directeur général de la femme Guadalupe Tagliaferri, aujourd’hui conseiller pour l’habitat et le développement urbain de Buenos Aires.

Entre 2009 et 2016, le nombre de meurtres a été chiffré à 2384 femmes, un chiffre qui comprend aussi les fémicides par extension, c’est-à-dire des femmes et des filles qui ne sont pas l’objet principal de l’agression, par exemple, des hommes qui non seulement tuent leur partenaire ou ex-partenaire, mais aussi leurs filles ou leurs mères.

Au cours de ces sept dernières années, 2919 enfants, 63 pour cent d’entre eux des mineurs, ont perdu leur mère dans ces terribles circonstances et se sont retrouvés orphelins, car dans de nombreux cas, les meurtriers se suicident après avoir commis l’irréparable.

En 2008, neuf pays d’Amérique latine ont adopté une législation spéciale sur le féminicide, ils sont actuellement au nombre de 16.
La violence sexiste en Amérique latine, en dépit des progrès relatifs aux programmes et les lois qui la criminalisent, est en augmentation. Elle se manifeste sous diverses formes: psychologique, violence physique, harcèlement sexuel ou intimidation, entre autres. Le féminicide est la forme la plus grave et extrême de violence contre les femmes.

La violence contre les femmes, en vertu de leur simple condition féminine, constitue l’un des grands problèmes de l’Argentine, des manifestations de masse ont eu lieu ces dernières années pour défendre les droits des femmes et dénoncer le féminicide, le slogan « Pas une de moins », est devenu un hymne à la vie pour les femmes du monde entier qui réclament leur droit à rester tout simplement vivantes !

Le 14 novembre 2012, les députés argentins ont adopté une loi incluant les cas de féminicides dans le Code Pénal comme homicide aggravé, cela inclut une peine de prison à perpétuité pour tout homme intentant à la vie « d’une femme ou d’une personne qui se perçoit avec une identité féminine ».
La loi définit le féminicide comme « un crime contre une femme lorsque l’acte est commis par un homme et implique une violence de genre » et inclut comme mobiles « le plaisir, la cupidité, la haine raciale, religieuse,le sexisme ou l’orientation sexuelle, l’identité ou l’expression du genre ». Alors que l’homicide est puni de 12 à 25 ans de prison, la peine encourue est élevée à la perpétuité en cas de féminicide (femme, transsexuelle).