Le site archéologique du Machu Picchu est toujours dans le viseur de l’UNESCO concernant sa préservation par les autorités du pays sud-américain, une commission a donc été dépêchée sur les vestiges précolombiens pour estimer si l’État péruvien a pris les mesures de protection suffisantes pour empêcher l’entrée du site archéologique sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

La visite des délégués de l’UNESCO s’est tenue le mercredi 22 février 2017, des réunions avec des représentants de l’État, des autorités régionales et gouvernementales ont également eu lieu pour évoquer ce lieu historique d’exception devenu le principal pôle touristique du Pérou avec les retombées économiques que cela engendre, mais aussi les défis de préservation que cela induit. La citadelle de Machu Picchu célèbre dans le monde entier depuis le voyage d’exploration du chercheur et « aventurier » américain, Hiram Bingham, en 1911, a été reconnu en 1983 comme un site du patrimoine culturel par l’UNESCO et, depuis 2007, il est aussi considéré comme l’une des 7 nouvelles merveilles du monde.

Le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a décidé en juillet 2015, lors de sa trente-neuvième session, tenue à Bonn (Allemagne), de reporter à 2017 l’évaluation sur l’éventuelle inclusion du Machu Picchu sur la liste du patrimoine en péril. La 41e réunion du même corps est prévue pour juillet de cette année à Cracovie (Pologne), à cette occasion les délégués décideront d’inclure ou non Machu Picchu sur la liste, une décision bien évidemment justifiée par les rapports effectués par les délégués lors de cette récente visite.

Cependant, César Moreno, directeur de la mission d’inspection de cet organisme, qui a récemment visité la région de Cuzco, a déclaré que la citadelle inca n’est pas en danger physique, bien qu’il y ait encore beaucoup à faire pour s’assurer de sa pérennité.

« Le sanctuaire lui-même est en excellent état, il n’y a aucune ambiguïté sur ce point. Les autorités péruviennes ont fait un excellent travail de conservation. Machu Picchu n’est pas en situation de risque structurel. Les observations concerneront la gestion d’un développement harmonieux à long terme de la région, située au milieu d’une réserve naturelle », a déclaré le fonctionnaire ajoutant « les améliorations entreprises par les autorités péruviennes pour préserver les ruines de la citadelle inca de Machu Picchu sont encourageantes, mais la gestion reste vulnérable ».

Il ne faut pas oublier que la cité inca se situe au cœur d’une réserve naturelle regorgeant d’une faune et d’une flore qu’il faut aussi protéger, l’environnement constitue un point clé du développement durable, de même qu’il ne faut pas oublier les habitants de cette zone d’exception. « Les problèmes, ou plutôt, les difficultés résident dans le contrôle du flux touristique dans la région. Le traitement des déchets solides a constitué un problème récurrent au cours des dernières années. Cet aspect s’est beaucoup amélioré, mais il est encore perfectible », a déclaré le représentant de l’UNESCO.

Il a également insisté sur l’importance de la coordination entre les secteurs de la culture, du tourisme, du commerce et du transport pour prendre les meilleures décisions possible au profit du site.

Moreno a rappelé que la mise en garde au sujet de la vulnérabilité du Machu Picchu remonte il y a six ans. « En 2015, le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a décidé, à Bonn, d’examiner la situation du Machu Picchu. L’une des raisons principales était de fournir une plus grande assistance technique pour renforcer les mécanismes de protection en cours ».

Lors de cette visite, les délégués ont également discuté du plan de prévention et de réduction des risques et catastrophes et de la mise en œuvre du Programme de planification urbaine de la ville de Machu Picchu, principal point d’arrivée pour les touristes, ainsi que l’accès aux ruines par la ville voisine de Santa Teresa.

Moreno a par ailleurs expliqué que l’inscription sur la liste du patrimoine en danger n’est pas une punition, mais un moyen de renforcement de la coopération entre l’UNESCO et les organes consultatifs de la Convention permettant de réaliser plusieurs actions. L’inscription d’un site sur la Liste du patrimoine mondial en péril permet au Comité d’accorder immédiatement au bien menacé une assistance dans le cadre du Fonds du patrimoine mondial. L’inscription sur la Liste du patrimoine mondial en péril n’est pas envisagée de la même manière par toutes les parties concernées. Certains pays demandent l’inscription d’un site pour susciter l’attention internationale sur ses problèmes et obtenir une assistance efficace pour les régler. D’autres, cependant, souhaitent éviter une inscription qu’ils envisagent comme une forme de sanction nuisant à l’image de marque.

Le célèbre parc archéologique du Machu Picchu, situé à plus de 2 400 m d’altitude entre les Andes péruviennes et le bassin de l’Amazone, ce sont près de 3300 touristes péruviens et étrangers qui foulent chaque jour ce lieu mythique de l’ancienne civilisation précolombienne.