Le président colombien, Juan Manuel Santos, a lancé un message d’espoir lors de sa visite officielle en France (débutée le 21 juin et achevée le 23 juin) concernant l’avenir de son pays, il a ainsi confirmé vendredi la remise des armes par les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), cette guérilla « a cessé d’exister ». Le mandataire reçu par Emmanuel Macron à l’Élysée a évoqué le bouleversement suscité par la signature de la paix en affirmant lors d’un forum français-colombien qui s’est tenu à Paris « cette nouvelle change l’histoire de la Colombie ». Avec la fin du conflit colombien qui a frappé le territoire durant un demi-siècle et qui a fait « au moins 220 000 morts, 60 000 disparus et huit millions déplacés », le mandataire sud-américain cherche à attirer les investisseurs français dans un climat jugé plus sécuritaire.

Au siège du ministère français de l’Économie, le président a vanté le potentiel économique de son pays après cinq décennies de lutte contre la guérilla armée, une période marquée par l’existence de zones de non-droit où même les autorités ne pouvaient pas se rendre.

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Le chef d’État Santos à l’occasion d’une cérémonie organisée à l’UNESCO a ajouté que le peuple colombien, depuis cet accord de paix signé en novembre 2016 avec les FARC, doit maintenant apprendre à vivre en paix et à relever ce défi par la culture et l’éducation.

« Une population plus instruite est par définition un peuple pacifique », a-t-il déclaré, le séjour de Manuel Santos a été marqué, sans surprise, par cette évocation du processus de paix, un événement historique qui a valu au président Colombien de recevoir en 2017 le prix Nobel de la paix, une distinction récompensant 4 années de pourparlers à Cuba, une période de négociations ardues qui a permis le cessez-le-feu définitif, et le désarmement des rebelles dans des zones neutres encadrées par les forces de l’ONU.

Son engagement pour la résolution des conflits a également été récompensé avec la remise d’un doctorat « honoris causa » de l’Université Paris-Sorbonne 1, un symbole fort qu’il a également dédié aux efforts engagés par les Colombiens.

Au cours de cette cérémonie, le président a souligné que la paix en Colombie est un processus « irréversible », même s’il a évoqué le sentiment de vengeance qui anime encore certains individus, il a mis en avant tous ceux qui sont favorables à la réconciliation pour obtenir « une société qui aspire à être libre, juste et prospère » .

Le président de Santos déterminé a ajouté : « Il n’y a pas de bombe qui fera pencher la volonté d’un peuple uni et libre. Le terrorisme n’a pas de frontières. Nous regrettons profondément la mort d’un citoyen français dans un attentat à la bombe qui a eu lieu à Bogotá le week-end dernier », une référence à l’attentat du 17 juin qui a volé la vie de trois personnes, dont une Française, une explosion dans un centre commercial de la capitale qui n’a pas été revendiquée, mais qui serait l’oeuvre de dissidents rejetant la paix.

Le président Macron a lui évoqué cette bombe terroriste tuant une ressortissante : « Cette attaque et nous en avons parlé, abjecte et lâche, n’affecte en aucun cas le plein soutien de la France et sa totale disponibilité au côté de votre pays dans ce processus de paix historique qui doit tant à votre engagement personnel, légitimement récompensé l’an dernier par le prix Nobel de la Paix. Nous savons combien l’après-conflit compte au moins autant que la fin des hostilités. Et vous devez réussir à gagner cette bataille de la paix, qui vous me l’avez longuement expliqué, est bien plus difficile parfois à gagner que certaines guerres ».

Au cours de son séjour à Paris, M. Juan Manuel Santos a aussi eu l’occasion de rendre hommage à l’écrivain de Gabriel García Márquez, « le plus universel des Colombiens », alors qu’une place a été inaugurée dans le 7e arrondissement en compagnie de la maire de Paris, Anne Hidalgo, en l’honneur du célèbre auteur de « Cent ans de solitude », prix Nobel de littérature qui a fait rayonner la Colombie dans le monde par son talent.

L’agenda chargé de Santos a pris fin avec l’ouverture officielle de l’année culturelle « France- Colombie 2017 », qui comprend le prochain semestre environ 450 événements artistiques à Paris et dans d’autres villes.

Cette visite a témoigné de relations bilatérales au beau fixe entre la France et la Colombie :

« Les liens qui nous unissent sont historiques, culturelles, profonds, et se tissent à un moment où votre pays vit un tournant historique parce que vous avez eu le courage, la détermination de vouloir la paix », a déclaré le président français, Emmanuel Macron à son homologue.