Des milliers de touristes nationaux et internationaux et cusqueños (habitants de Cuzco) ont assisté avec engouement à la mise en scène traditionnelle de la fête du Soleil, en langue quechua « Inti Raymi », sur la célèbre esplanade du parc archéologique de Sacsayhuaman, situé à environ 15 minutes en voiture de la ville de Cuzco, berceau de la culture incaïque.

Lors de cet évènement populaire, plus de 500 acteurs ont donné vie à cette cérémonie rappelant la splendeur de la civilisation inca sous le règne de l’Inca Pachacutec, 3000 visiteurs avaient acheté des places assises pour prendre part à cette reconstitution fastueuse d’un temps fort du calendrier précolombien, une mobilisation avec de fortes retombées économiques pour la région. Au temps des Incas, l’Inti Raymi était la célébration la plus importante des quatre festivals organisés à Cuzco, comme le rapportait en son temps le chroniqueur Garcilaso de la Vega (1539-1616), la cérémonie s’étendait sur 15 jours et se caractérisaient par les danses et des sacrifices visant à satisfaire les divinités.

La fête s’est donc déroulée samedi sans aucun problème majeur (malgré une menace de grève lancée par les enseignants planant sur son bon déroulement), alors qu’un important dispositif de sécurité avait été déployé, la cérémonie a commencé très tôt avec le départ de l’Inca du temple de Coricancha, avec son passage dans les rues et la place principale de la ville impériale pour finalement atteindre la forteresse de Sacsayhuaman à 3700 m d’altitude où l’événement principal a eu lieu.

Dès les premières heures du jour, des milliers de personnes se sont rendues à la Coricancha pour découvrir celui qui a donné vie à l’Inca Pachacutec en rendant un premier culte du Dieu Soleil, la cérémonie a été appréciée et applaudie par les spectateurs qui ont apprécié le caractère historique et grandiose de la cérémonie. Les rôles principaux ont été donnés à David Anca, professeur d’arts scéniques, et à l’actrice Norvina Gallegos, ils ont ainsi incarné l’Inca Pachacutec et sa Coya ou épouse de l’Inca, ils ont été entourés d’une centaine d’acteurs transformés en nobles, militaires, et diverses autorités de l’époque incaïque, toutes réunies pour manifester leur adoration au soleil et célébrer le début du solstice d’hiver.

À l’époque des Incas, ce jour était l’équivalent de la nouvelle année. Le solstice d’hiver de l’hémisphère sud marque une nouvelle année, mais aussi un nouveau cycle agricole, le temps des récoltes marque cette célébration qui commémore la plus grande et la plus majestueuse tradition précolombienne en hommage au Soleil.

Les Incas organisaient cette fête l’un des jours les plus courts de l’année dans l’hémisphère sud (certainement le 21 juin, à l’origine), par crainte que le soleil (leur père nourricier), source de vie et d’énergie, abandonne ses fils, « les créatures du soleil ».

La cérémonie a commencé avec l’Inca s’exprimant en langue quechua, idiome des ancêtres toujours parlé par les communautés andines (une langue qui compte encore environ dix millions de locuteurs, dont deux millions en Équateur, quatre millions et demi au Pérou et un million et demi en Bolivie), il a alors fait l’éloge du Soleil, puis a effectué une série de rituels parmi lesquels celui du feu, de la chicha (bière de maïs), et de la feuille de coca et la représentation du sacrifice d’un lama. La fête a réuni quelque 80 000 personnes venues assister de près ou de loin à la plus grande fête de l’année au Pérou.

Le rite de l’Inti Ratmi a été interdit par les Espagnols au XVIe siècle, mais les Péruviens l’ont restauré en 1944. Aujourd’hui, le festival jouit d’un grand intérêt et est devenu une célébration incontournable qui attire de nombreux touristes.

Scientifiquement le solstice commence le 21 juin, mais selon le Pacha Unachaq, un cadran solaire utilisé par les Incas, le soleil reste quelques jours au même endroit avant de se lever le 24 juin. Ce jour a donc été proclamé par le haut prêtre comme nouvelle année : Inti Raymi, ce culte au soleil, divinité centrale du panthéon inca, avec le culte de Viracocha (le dieu créateur) était un des éléments phares du panthéon religieux de ce peuple préhispanique qui continue de fasciner au fil des siècles.