Malgré la crise humanitaire qui touche la population qui fuit la violence du Triangle nord, les rejets de demande d’asile des personnes originaires de cette région sont très majoritaires aux Etats-Unis et au Mexique. En 2016, sur 142.000 personnes originaires du Salvador, du Honduras et du Guatemala, le Mexique accorda l’asile à 4.000 personnes.
Aux Etats-Unis le panorama est encore bien pire. Selon ACNUR, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés, à la fin de l’année 2015 presque 100.000 personnes originaires du Triangle nord présentèrent une demande de refuge ou d’asile et seules 9.401 asiles ont été accordés ces six dernières années.

C’est pourquoi, MSF appelle les gouvernements de la région, principalement ceux du Salvador, du Guatemala, du Honduras, du Mexique, du Canada et des États-Unis, à veiller à l’établissement de meilleures mesures de protection, alternative à la détention, ainsi qu’au respect du principe de non-refoulement. Ces pays devraient augmenter leurs quotas officiels de réinstallation et de regroupement familial, afin que les populations du Triangle nord ayant besoin d’une protection internationale, y compris l’asile, puissent cesser de risquer leur vie et leur santé physique et mentale.

L’organisation qui travaille depuis des décennies dans des pays en guerre confirme que le degré de violence qui touche le Triangle nord n’est pas différent de celui que l’on vit dans des zones de conflit : dans les deux cas, les assassinats et les disparitions, l’enrôlement forcé ou la présence de groupes armés touche quotidiennement la population.
« Les tentatives pour endiguer les migrations via le renforcement des frontières nationales et l’augmentation du nombre de détentions et d’expulsions, dont nous avons été témoins au Mexique et aux États-Unis, ignorent une véritable crise humanitaire et ne freinent ni le trafic (de personnes) ni la contrebande. Ces stratégies ont des conséquences dévastatrices sur la vie et la santé des populations en fuite », soutient Bertrand Rossier.

Pour comprendre la portée du problème que le Mexique connaît à sa frontière sud, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) situe en 2013 le Honduras et le Salvador comme le premier et le quatrième pays sur la liste des pays avec les plus grands taux d’assassinats. Ces dix dernières années, ce sont environ 150.000 personnes qui ont été assassinées dans la région du Triangle nord et la situation empire chaque année, notamment pour le Salvador. Dans ce petit pays centraméricain, en 2015, il y a eu 6.650 homicides, soit 103 morts violentes pour 100.000 habitants. Le suivent le Honduras, 57, et le Guatemala, 30 homicides pour 100.000.

Selon l’ONUDC, la violence meurtrière dans le nord de l’Amérique Centrale a provoqué plus de morts parmi les civiles que dans n’importe quel autre pays, même pour les pays touchés par des conflits armés. Pour ce qui est du Salvador, le taux de mort violente est plus important que n’importe quel pays en guerre, mis à part la Syrie.

Depuis 2012, MSF s’est uni à la Croix Rouge Mexicaine et offre une attention médicale et psychologique particulière aux migrants et aux réfugiés du Triangle nord qui passent par le Mexique : assistance dans les refuges de migrants ainsi que dans les cliniques mobiles le long des lignes ferrées empruntées par les migrants et même un centre pour victimes de violences extrêmes à Mexico. Ou quand la protection, la dignité et l’humanité deviennent nécessaires à la survie des victimes.

Retrouvez la première partie en cliquant sur le lien suivant http://www.actulatino.com/2017/06/21/mexique-le-rapport-de-msf-sur-la-situation-de-la-frontiere-sud-partie-1-2/