Il s’agit d’un lieu mythique, considéré comme le berceau de la célèbre civilisation inca, le lac Titicaca, le plus haut lac navigable au monde qui miroite entre ciel et terre, se déploie à environ 3 800 mètres d’altitude en pleine Cordillère des Andes et occupe une superficie de plus de 8 500 kilomètres carrés, une frontière naturelle entre la Bolivie et le Pérou, en plus d’être l’une des principales attractions touristiques pour ces deux nations sud-américaines.

Fort de ce potentiel naturel, mais aussi culturel, le ministère de la Culture et du Tourisme bolivien oeuvre à la réalisation d’un musée subaquatique pour exposer les pièces des cultures Tiwanaku et Inca retrouvées en 2013 dans les profondeurs des eaux du lac.

Actuellement, il existe déjà des entreprises privées qui proposent des excursions de plongée sur le lac sacré pour visiter les vestiges archéologiques de ces cultures ancestrales, à l’heure actuelle l’État cherche à centraliser et à organiser le tourisme sur cette zone qui attire des milliers des touristes. En Bolivie, en 2013 une équipe de chercheurs menés par l’archéologue Christophe Delaere ont pu en effet mettre au jour des ustensiles, des récipients ou encore des objets utilisés par les femmes pour se coiffer appartenant aux deux cultures préhispaniques.

Bolivie : Le lac Titicaca délivre ses trésors précolombiens aux archéologues

Le gouvernement du pays et l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) ont déjà créé le Musée Tiwanaku pour protéger et dévoiler ce patrimoine d’exception. La ministre Alanoca affirme que ce serait un pas de plus pour préserver ce trésor ancestral.

Wilma Alanoca, ministre de la Culture, a expliqué que le projet du musée est basé sur une étude archéologique d’experts boliviens en coopération avec des experts venus de Belgique. Wilma Alanoca, a confirmé que le projet du musée submergé devrait bénéficier du soutien financier de l’UNESCO à hauteur de 2,4 millions de dollars, l’objectif de cet investissement est de  » de rendre les visites virtuelles concrètes à travers une plongée dans la ville submergée ».

Le musée recevra également des ressources de la Coopération belge, qui réalise la conception finale du musée, cette dernière sera présentée en juillet lors d’un congrès d’archéologues à Copacabana, une destination touristique du lac considéré comme sacré par les communautés natives.

L’une d’entre elles, Ojjelaya, située à un peu plus d’une centaine de kilomètres de La Paz, accueillera le musée, les retombées économiques de ce flux touristique devraient revenir aux populations locales qui seront formées pour fournir des services. En outre, « la force navale formera les touristes à la plongée d’altitude », a déclaré la ministre.

« Nous approuvons la construction du musée sous-marin, nous sommes prêts (…). Lorsque le ministre (Wilma Alanoca) nous a demandé si nous voulions le musée, nous étions tous heureux « , a déclaré Raúl Cusi, membre de la communauté autochtone d’Ojjelaya et ancien secrétaire général de cette même communauté.

Avec un chiffre de 6 052 habitants, selon les données de l’Institut national de la statistique, San Pedro de Tiquina a assisté à la découverte de 10 000 pièces archéologiques, l’an dernier, parmi lesquelles des pièces en céramique appartenant à la culture Tiwanaku.

« Toutes (les pièces) sont à l’étude et plusieurs de ces objets seront également exposés dans cet espace, dans ce musée avec cette fonctionnalité qui sera sous l’eau », a souligné Franz Laime du Proyecto del Lago de la Cooperación Técnica Belga (CTB).

« Compte tenu de la situation négative qui caractérise le lac avec les problèmes liés à la pollution, à la pénurie de territoires pour la culture et la pêche, mais aussi le problème de délocalisation, ce musée sous-marin devient une opportunité (…), une attraction permettant à l’économie locale d’être dynamisée « , a-t-il déclaré.

Copacabana, San Pedro de Tiquina, Ancoraimes, Santiago de Huata, Battles, Puerto Perez, Pucarani, Tiahuanacu et Guaqui sont quelques-unes des municipalités qui se préparent à la mise en œuvre de ce projet et travaillent en interne pour renforcer l’impact positif.

Concernant l’impact des travaux sur un écosystème déjà fragilisé, plusieurs experts environnementaux réclament la prise de précautions extrêmes pour ne pas perturber la faune et la flore locale, avec des espèces endémiques qui doivent être protégées de tout impact négatif. L’ornithologue José Balderrama a ainsi souligné l’importance de veiller au bien-être des habitants du lac, au sens large, bien sûr :

« Les grenouilles peuvent se trouver partout, mais préfèrent généralement être un peu plus vers les rives, vers les roseaux ». Il a également souligné que la profondeur des travaux, la durée et la quantité d’équipements qui fonctionneront seront autant de facteurs déterminants pour mesurer la portée de l’impact sur cette zone naturelle.

Le nouveau musée sera conçu en fonction des résultats de recherches subaquatiques synthétisées dans un documentaire « Le documentaire vidéo dure 30 minutes et fait connaître toute la recherche sous-marine en relation avec les vestiges archéologiques de la culture Tihuanacota », a déclaré la ministre Alanoca.