Le Pérou a déclaré fin juin l’état d’urgence dans 122 municipalités de neuf régions andines touchées par les basses températures, un froid qui favorise pendant l’hiver austral les maladies respiratoires, ces dernières ont causé la mort d’au moins 102 enfants cette année dans le pays sud-américain.

« L’état d’urgence a été déclaré dans 122 districts des départements de l’Apurimac, Arequipa, Ayacucho, Cusco, Huancavelica, Huánuco, Pasco, Puno et Tacna », cette mesure a été adoptée par les autorités pour faire face aux conséquences des intempéries, comme le gel et la neige, sur la santé des plus fragiles et des plus démunis, une information publiée vie le décret du Journal officiel El Peruano. En vertu de ce décret, le gouvernement est en mesure de mobiliser des ressources pour assister les communautés touchées par les gelées dans les zones andines.

Dans la ville de Cerro de Pasco, située à plus de 4 000 mètres d’altitude, les températures ont chuté sous zéro. Le record a été enregistré à San Antonio de Putinas, dans les hautes terres de Puno, dans le sud-est du Pérou, où le thermomètre a affiché jusqu’à moins 15 degrés.

La ministre de la Santé, Silvia Pessah, a confirmé à un comité du Congrès que près de cent enfants âgés de moins de cinq ans ont perdu la vie, victimes d’une infection pulmonaire, la principale maladie favorisée par le froid.

« Chez les moins de cinq ans, nous avons eu au total 12 263 cas de pneumonie, et chez les plus de 60 ans, nous avons eu 8 506 cas », a déclaré la ministre.

Le gouvernement a fait parvenir des matériaux et des vêtements chauds dans les régions touchées par le froid intense, les communautés rurales vivant souvent dans des maisons mal isolées au confort très sommaire. Ainsi, les ministres de la Santé, du Logement, de la Femme, de l’Énergie, du Développement et de l’Inclusion sociale, de l’Environnement, entre autres, ont remis 606 325 tonnes d’aide aux habitants, comprenant des couvertures, des pioches, des pelles,des  brouettes, des kits d’hygiène, des manteaux et pantalons.

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Les gelées, qui commencent habituellement en avril et durent jusqu’en août, causent des ravages presque chaque année au Pérou. Ce sont 6,4 millions de personnes qui  résident dans les neuf régions concernées par l’état d’urgence, soit un cinquième de la population du pays.

Le Centre national d’épidémiologie du ministère de la Santé a enregistré entre janvier et juin 2018, 30 733 cas de pneumonie, le chiffre le plus élevé au cours de ces cinq dernières années.

Au cours des six premiers mois de 2013, le Pérou a enregistré 27 447 cas de pneumonie et l’année suivante, 20 395; cependant, à partir de 2015, le chiffre a augmenté entraînant davantage de décès.

Selon la responsable du ministère de la Santé, il existe des déterminants sociaux à ces décès, « des mamans indigènes qui ne sont pas bien informées sur les risques encourus par leurs enfants faute de sensibilisation dans leur langue natale ( quechua ou aymara), le manque de confort thermique à la maison pour les plus pauvres  et la vulnérabilité des personnes si elles souffrent déjà de malnutrition ou d’anémie » .

Or,43 % des enfants de moins de trois ans souffrent d’anémie au Pérou et 12,9 % des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique, selon les chiffres de 2017 de l’Institut national de la statistique et de l’informatique (INEI), un terrain malheureusement propice pour les infections bactériennes des voies respiratoires.

Les pourcentages de malnutrition infantile sont supérieurs à Huancavelica (31 %), Cajamarca (26,2 %), dans cette région d’altitude, près de la moitié de la population vit dans l’extrême pauvreté et dans les autres départements où la malnutrition chronique est élevée, le pourcentage d’extrême pauvreté fluctue entre 33 % et 36 %.

En outre, en 2017, la population pauvre a augmenté de 1 % dans le pays andin, après 16 ans de recul de cet indicateur. Un représentant du secteur de la santé soutient néanmoins que le taux de létalité de la pneumonie a diminué en affirmant« La population a augmenté, il est logique qu’il y ait une augmentation de la pneumonie ».

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La pneumonie a coûté cette année la vie à d’au moins 650 personnes dans le pays selon les chiffres fournis par le ministère de la Santé (Minsa), les responsables de la santé ont rappelé que le vaccin contre le pneumocoque était disponible gratuitement à l’année dans les centres de santé du Minsa rappelant les bienfaits de la vaccination en particulier pour les populations les plus vulnérables comme les enfants de moins de 5 ans et les personnes âgées.