Argentine, Casa Rosada

En Argentine, l’Institut national des statistiques et des recensements (Indec) a signalé que la pauvreté en Argentine avait augmenté au cours des derniers mois, concernant ainsi 27,3% de la population au premier semestre 2018.

Le président d’Argentine, Mauricio Macri, a rebondi suite à la publication de ce chiffre en déclarant : « C’est un chiffre auquel nous nous attendions, il reflète les turbulences de ces derniers mois et les difficultés que nous traversons (…) Ce n’est pas facile, bien sûr, nous aurions aimé qu’il en soit autrement », des propos qu’il a tenus lors d’une conférence de presse organisée vendredi 28 septembre depuis  la Casa Rosada. Sur la base d’une étude menée par l’Institut national des statistiques et des recensements (INDEC), le président a admis que la pauvreté continuerait à augmenter progressivement dans les prochains mois, une progression qui devrait apparaître en particulier en mars et septembre 2019.

« Nous allons connaître des mois difficiles (…), les choses vont prendre plus de temps » faisant mention « d’indicateurs de pauvreté qui montreront également des revers en mars et septembre 2019 ».

À la fin du mois de juin, 1,77 million de ménages étaient en dessous du seuil de pauvreté dans le pays sud-américain, soit 7,58 millions de personnes. De même, 344 009 ménages sont passés, à leur tour, sous le seuil d’indigence, une pauvreté extrême atteignant 1,35 million de personnes.

Il a néanmoins estimé que les politiques menées sous son mandat ont été pertinentes pour résoudre « les problèmes d’une économie héritée », une allusion à la gestion jugée désastreuse de l’ancienne présidente Cristina Fernández de Kirchner à qui il attribue cette situation sociale et économique précaire.

Macri a aussi rappelé pour se dédouaner, qu’à son arrivée au gouvernement, en décembre 2015, la pauvreté était de 32,2%, mais il a insisté sur le fait que le l’amélioration enregistrée jusqu’à présent a été interrompue par la crise survenue au mois d’avril 2018 marquée par une dévaluation brutale du peso, ce qui a eu pour conséquence de réduire le pouvoir d’achat sous fonds d’inflation. La dépréciation du peso sur le marché des changes ces derniers mois a eu un impact direct sur les prix : le taux d’inflation, déjà élevé ces dernières années, devrait atteindre 40 % en 2018.

Selon l’INDEC, 41% des Argentins âgés de moins de 14 ans sont pauvres.  32,9% des personnes âgées de 15 à 29 ans vivent également cette précarité. La périphérie de Buenos Aires abrite 31,9% des habitants dans ces conditions de pauvreté.

« Mais nous n’allons pas cesser de parler de la pauvreté et cesser de travailler pour l’endiguer, car nous connaissons des revers », a souligné le chef d’État pour témoigner de sa détermination à renverser la tendance.

Le gouvernement a par ailleurs demandé un nouveau prêt au Fonds monétaire international afin d’accélérer les réformes et réduire le déficit budgétaire élevé, un point qui démotive les investisseurs dans le pays selon l’exécutif :  « Le prêt passe de 50 à 57,1 milliards de dollars. Les versements prévus pour le restant de l’année 2018 et 2019 augmentent de 19 milliards de dollars »,  des informations données par le ministre de l’Économie.

(Vidéo du 24/09/2018)

« A la suite de cette tempête, nous savons que les choses prendront plus de temps », a affirmé le président en rappelant qu’il ne baissera pas les bras avant la fin de son mandat avec l’objectif de « laisser des fondations solides » à son successeur. Le président a de nouveau critiqué durement le fait que pendant l’ère du kirchnerisme  les données sur la pauvreté ont été dissimulées.

« La pauvreté ne disparaît pas parce que nous arrêtons de la mesurer, nous allons toujours dire la vérité et présenter les chiffres tels qu’ils sont, maintenant nous les présentons sans nier la crise », a-t-il insisté.

La pauvreté urbaine a été estimée à 27,3% au premier semestre, soit 1,6 point de pourcentage de plus que le taux enregistré au cours de la même période 2017 (second semestre 2017), tandis que le taux d’indigence se situait à 4,9% des personnes, soit 0,1 point de plus.

Pour faire face à la situation, le président argentin Mauricio Macri, a promis de renforcer les aides sociales parmi lesquelles l’allocation universelle par enfant, parmi les autres mesures sociales censées aider les plus démunis, le gouvernement a prévu de plafonner le prix 520 produits d’usage courant dans les secteurs de l’alimentation et de l’hygiène. Plus de 90 entreprises participent au programme: Mastellone, Arcor, Danone, Bimbo, Coca-Cola, Quilmes, Las Marias, Unilever, Molinos Rio de la Plata, Dulcor, Pepsico, La Virginia, entre autres.

60% des entreprises participantes sont des PME. Selon le gouvernement, ces entreprises se sont engagées à fournir le stock et à améliorer la signalisation afin que les consommateurs puissent identifier facilement et rapidement les produits en question.

L’Argentine a été longtemps un pays riche qui s’est tristement familiarisé avec la pauvreté massive à partir des années 80. La marginalité a augmenté dans les années 90, et a explosé après 2001 alors que la moitié de la population se trouvait en dessous du seuil de pauvreté.

Macri avait promis d’atteindre «zéro pauvreté», mais dans les faits le gouvernement a convenu avec le FMI d’un «déficit zéro» des dépenses publiques. Le président a encore une fois imputé les problèmes aux turbulences financières internationales et au « gaspillage » des ressources du gouvernement précédent. En attendant des jours meilleurs, les Argentins sont confrontés à une nouvelle cure d’austérité, et manifestent leur mécontentement à coup de grève générale.

(Vidéo du 03/09/2018)