Pérou, Altiplano, berceau du peuple aymara

Les momies du monde restent des vestiges du passé fascinants, et le sol latino-américain fournit des témoignages aussi émouvants qu’instructifs afin de mieux appréhender ce que fut le monde précolombien. Aujourd’hui, c’est un cas bien précis qui attire l’attention des archéologues et autres aficionados à l’occasion de la restitution d’une momie sur ses terres originelles, à savoir le Pérou, lieu où les civilisations les plus brillantes ont su semer les graines d’un pays à l’identité culturelle marquée.

En effet, ce jeudi 7 février, une momie péruvienne d’origine aymara (population native vivant dans la région de l’Altiplano non loin du célèbre lac d’altitude Titicaca à la frontière bolivienne) retournera là où elle a vu le jour, elle aurait vécu il y a 2 000 ans. Fait encore plus marquant, il s’agit de la dépouille d’un bébé mesurant 50 cm, le petit corps intégralement emmailloté dans des cordes (jusqu’à l’arrière du crâne) à l’exception de son visage laissé à l’air libre.

🗞| Museo de Ciencia e Historia de Corpus Christi, Texas, entregó al Consulado General del Perú en Houston, en calidad de devolución, una momia peruana de origen aymara.
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La momie a quitté dès le 4 février le Musée de la science et de l’histoire du Corpus Christi, au Texas (États-Unis), où elle est arrivée dans les années 1960 (en provenance du musée américain d’histoire naturelle de New York) pour enfin être remise au consulat général du Pérou à Houston, avant son dernier voyage vers le pays de ses ancêtres.

Le ministère péruvien de la Culture a confirmé l’authenticité de la momie au moyen d’un rapport technique qui établit son origine dans les montagnes du sud des Andes au Pérou.

Toujours désireux de récupérer un patrimoine culturel sorti du territoire illégalement, les autorités sud-américaines se battent sur plusieurs fronts pour obtenir la restitution de biens historiques, le ministère péruvien des Affaires étrangères est ainsi parvenu à récupérer plus de 7 000 pièces appartenant au patrimoine archéologique et culturel du pays au cours des huit dernières années.

Parmi les pièces les plus frappantes rapatriées au cours de ces derniers mois figure un masque funéraire en or de la civilisation pré-inca (Sicán), de longues procédures ont été entreprises pendant dix-neuf ans avec l’Allemagne pour obtenir son retour au Pérou. Une politique de réappropriation qui a également permis aux Péruviens de récupérer un métier à tisser de la culture Mochica remis par le Musée d’ethnologie de Leiden (Hollande).

Les actualités autour de l’archéologie au Pérou sont décidément très riches, au début d’année, on évoquait la mise au jour des dépouilles de 269 enfants sacrifiés sous le règne de la culture Chimú, le site de Huanchaquito est considéré par les experts comme l’endroit où fut pratiqué le plus grand nombre de sacrifices d’enfants de l’Histoire.